Crimes rituels de Mimboman: Le cerveau du gang se met à table

Bertrand Ndeambou est passé aux aveux complets. Tout comme il a passé la séance de reconstitution des faits avec une aisance déconcertante.

Récit

Le quartier Mimboman a connu le 5 mars 2013 une ambiance particulière. Et pour cause, les présumés coupables des crimes rituels survenus à Mimboman, un quartier de la capitale Yaoundé, sont redescendus sur le terrain pour présenter leur mode opératoire. C'est ainsi qu'ils mettront d'abord le cap au lieu dit Mimboman chefferie ou Mimboman Plaisir où un corps non identifié avait été retrouvé. C'est donc le suspect Bertrand Ndeambou qui conduit l'équipe, ce qu'il laisse penser aux curieux présents qu'il est incontestablement le chef du gang. A cette première étape, il apparaît selon des confidences des badauds que Bertrand Ndeambou y avait transporté la jeune fille et l'avait froidement assassiné en présence de ses complices notamment un certain Julius Nkemta, Jean Thierry Waffo. Seulement, ses complices ne seraient pas passés par mille chemins pour nier en bloc les faits.

Toutefois, Bertrand Ndeambou maintient sa position, et selon une source proche de l'autorité traditionnelle du quartier, il aurait clairement avoué avoir entraîné la fille dans cet endroit isolé, aurait fait usage d'un produit toxique pour endormir la victime avant de la tuer. Toujours de la même source, il durait indiqué que c'est Julius Nkemta qui aurait étranglé la fille qui sera par la suite violée par Nkemta et Waffo. Toujours selon la même source, Ndeambou aurait clairement indexé Nkemta comme celui là même, qui aurait retiré les paupières de la fille pour les conserver dans un petit sac plastique. Une autre source qui aura suivi de bout en bout cette première étape indique face à la tendance de Nkemta et Waffo de nier tout en bloc, Ndeambou aura alors indiqué que Nkemta avait montré à la police un autre endroit où il avait assassiné une fille avant de venir lui remettre les paupières tout en notant que c'est bien lui qui les avait recrutés.

Toujours sous la conduite de Bertrand Ndeambou, Mimboman Ecole maternelle où un autre corps non identifié a été retrouvé, il s'est dégagé que ce sont les 3 complices qui étaient encore sur le théâtre des opérations. Cette fois, affirme un curieux qui suivait la scène à distance, Ndeambou après avoir positionné le mannequin comme l'était le corps après le meurtre, aurait signalé que seule la chevelure de la victime avait été prélevée. Pendant que Julius Nkemta est resté dans sa posture de nier sa participation à cet assassinat, Jean Thierry Waffo a reconnu avoir participé à cette opération où il à d'ailleurs violé la victime sous la contrainte des certains de ses complices.

A Mimboman petit stade où Ndeambou conduit l'équipe chargée de la reconstitution des faits, une source confirme qu'ici, c'est Waffo qui aura exécuté la victime et que c'est Ndeambou lui-même qui a prélevé les paupières. La victime avait au préalable été endormie par leur produit toxique. Elle n'a pas été violée mais Nkemta et Waffo ont continué à nier leur participation à cet autre assassinat prétextant avoir conduit les enquêteurs à certains endroits sous la pression alors que ces endroits se sont révélés les lieux de ces meurtres. La caravane qui s'ébranle alors pour Mimboman Chefferie Nord où un corps non identifié et celui de Momo Calist ont été retrouvés poursuit la reconstitution des faits. Cette fois, indique une source proche de la chefferie qui a suivi les fins limiers dans leur besogne, Julius Nkemta est celui qui aura indiqué aux enquêteurs que le corps non identifié était abandonné à côté d'un dépôt d'ordures, même s'il persiste à dire que c'était par hasard.

S'agissant du mode opératoire, il est resté presqu'identique. C'est Ndeambou qui assassine la victime avec ses complices Waffo et Nkemta. Elle sera violée et brûlée par endroit à l'aide de leur produit toxique et les paupières enlevées et remise au chef de gang. Ndeambou lui, va récupérer le téléphone de Momo Calist. Revenant sur le corps du dépôt d'ordures qui avait été assassiné en l'absence de Ndeambou mais en présence de Nguegang Keumoe, Tiotsop Tsenou et le Coq qui est en fuite, des indiscrétions proches de la reconstitution des faits laissent croire que c'est le Coq qui avait tué la fille tandis que le reste de la bande la tenait en respect. Ses seins seront amputés. A Mimboman Maetur où le 7ème corps non identifié a été retrouvé, c'est encore Bertrand Ndeambou qui a été la grande vedette, au milieu des champs, où il aurait reconnu avoir à cette occasion joué au guetteur tandis que Waffo et Nkemta perpétraient leur forfait après avoir violé la victime. Là encore, Waffo et Nkemta, indique une source, ont continué à nier les faits. Ainsi s'était donc achevée l'étape de Mimboman.

La reconstitution des faits allait alors se déporter du côté de Nkoabang où le corps de Mme Loyse Schipha Mendjina Mbanga avait été retrouvé. Ici, affirme un badaud qui a suivi la scène, Ndeambou aurait reconnu que c'est lui-même qui avait arrêté la fille pendant que Nkemta l'étranglait. Ndeambou aura lui-même enlevé les paupières de la victime. La fille a été violée par les 3 comparses. Au complexe Foé à Biteng où Claude Michelle Mballa Mvogo a été assassinée par la même bande, il en ressort que c'est Ndeambou l'assassin et que Waffo et Nkemta ont continué à nier leur participation à ce forfait. Cap sur le lieu dit Okui-Maetur où Marinette Majini Fezek a trouvé la mort et le corps abandonné dans une broussaille près d'une poubelle dans un chantier abandonné, le groupe Ndeambou-Nkemta-Waffo se serait renforcé de Nguegang et Tiotsop. Un curieux croit savoir que Ndeambou aurait reconnu avoir frappé la tête de sa victime contre une masse de béton. La reconstitution des faits va se déporter du côté de Nkolgok où Nguetsop épouse Beasso Delphine avait été assassinée par la même bande. Ici, Bertrand Ndeambou, à en croire une source, a reconnu avoir agressé, violé et étranglé cette dame tout seul dans son champ. Celle-ci l'avait préalablement pris en course avec sa moto alors qu'il renterait d'une visite chez sa sœur qui habite Nsimalen.

De retour à Mimboman 1ère Chapelle où le corps d'Agnès Magne avait été retrouvé, Ndeambou toujours en compagnie de ses complices Waffo et Nkemta va aisément indiquer l'endroit situé derrière la Direction générale du Feicom. Il reconnaîtra que la victime avait été violée et des organes prélevés. La reconstitution des faits va s'achever à Mimboman, au lieu-dit agence Super Grand Mifi où celui qui est considéré comme le commanditaire de ces crimes intéresse le Procureur de la République. Jean Luc Tahoc Mongho Fotso aurait indiqué ne pas reconnaître Bertrand Ndeambou. Même s'il aurait dit l'avoir vu pour la première fois à la division régionale de la Police judiciaire de l'Ouest. Comme quoi, Bertrand Ndeambou apparaît clairement comme l'homme fort du gang des crimes rituels de Yaoundé.

© Conrad Atangana | La Nouvelle

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