Crimes rituels de Mimboman - Bertrand Ndeambou: Un meurtrier atypique

De sources concordantes, c'est avec un sang froid étonnant que Bertrand Ndeambou retrace ses forfaits. Des indiscrétions proches de ses compagnons de cellule l'attestent.

Bertrand Ndeambou est un monstre grandeur nature. Et pour s'en convaincre, il n y a qu’à voir avec quel froideur il s'amusait à raconter ses forfaits. Alors qu'au début des soupçons, il voulait nier les faits en bloc, il aurait finalement choisi la voix de la sagesse en passant à table. Ce qui laisse apparaître qu'il avait bien planifié ses forfaits. C'est ainsi qu'à en croire nos sources, Bertrand Ndeambou reconnait que tout serait parti de sa sortie de la Prison Centrale de Bafoussam où il avait été condamné pour viol à 2 ans de prison ferme. Il trouvera donc refuge au village Bapi où il prendra alors pour profession «meurtrier». Il aurait ainsi signé à Bapi 4 assassinats de jeunes filles.

Ses complices là-bas sont Chiguem, Patrick, Talla, Moumou. Un 5ème meurtre, celui d'une élève à Djunang est commis à Bamendjou. Ces assassinats en série entraînent une certaine levée de bouclier à Bafoussam, ce qui aurait donc obligé l'assassin Bertrand Ndeambou à migrer pour Yaoundé où il dépose ses valises à Mimboman où il reconstitue un nouveau gang. La saga meurtrière de Bertrand Ndeambou va alors reprendre de plus belle avec ce qu'il est convenu d'appeler les crimes rituels de Mimboman, car les enquêtes ont révélé que les corps retrouvés étaient mutilés, dépourvus de paupières et brûlés.

En clair, Bertrand Ndeambou répondait aux commandes d'un commanditaire nommé Tahoc Mongho contre espèces sonnantes trébuchantes. Un trafic qui avait commencé à Bafoussam et où le patron serait Emmanuel Nono. Selon des indiscrétions proches du principal accusé, l'on peut aujourd'hui dire à peu près comment Bertrand Ndeambou aura opéré à Yaoundé avec ses complices. S'agissant du premier cas, c'est-à-dire la jeune fille retrouvée morte à «Plaisir Mimboman», il l'aurait porté du stationnement des motos de Mimboman pour «Mimboman Plaisir» à bord d'une moto appartenant à Nkemta, tandis que ses complices Waffo, Doudou, Pouyol, Nkemta l'ont rejoint à bord de 2 motos. Waffo va user du produit toxique pour endormir la fille, Nkemta va l'étrangler et une fois dans la broussaille où le corps est entraîné, il coupe les paupières. Bien entendu, la victime a été violée par Doudou, Nkemta et Waffo. En possession des paupières, Ndeambou se rendra à l'agence Super Grand Mifi où la transaction avec Tahoc a lieu dans un vieux bus garé.

A cette occasion, il reçoit pour son propre compte 180 000 FCFA et pour ses complices, 250 000 FCFA chacun. Toujours selon les mêmes indiscrétions, et s'agissant du cas de la jeune fille assassinée à Mimboman Plateau, le scénario est à peu près le même, avec les mêmes acteurs. A la différence qu'ici, arrivée à destination, la jeune fille aurait demandé à Ndeambou de l'accompagner à pied car elle avait peur de traverser le buisson qui l'amenait chez elle. Nkemta aurait suivi le mouvement, attrapé la fille par le cou et fait usage du produit toxique pour endormir la victime. Les paupières seront enlevées par Waffo et ramenées chez le commanditaire au lieu habituel. Cette fois, Ndeambou ne reçoit rien, puisqu’il attend une grosse prime, mais ses complices s'en sortent avec 250 000 FCFA chacun.

Pour le 3ème cas toujours à Mimboman Plateau, le mode opératoire est resté le même. A la différence, note notre source, que le commanditaire était très pressé, ce qui a conduit le groupe à être très expéditif. Ils n'auront pas eu besoin du produit toxique. Doudou aura utilisé la manière forte et la fille n'a pas été violée. La prime est restée la même pour les complices de Ndeambou qui n'a cette fois encore rien reçu. A Mimboman Dernier Poteau où un autre corps non identifié a été retrouvé, la bande à Ndeambou a remis le même modus opérandis. Sauf que la fille semblait ne pas bien connaître les lieux. Ce qui l'obligeait à faire usage régulièrement de son téléphone. Arrivée à destination, elle devait continuer à pieds. C'est alors qu'elle est rattrapée par le reste de la bande qui était sur 2 motos. Nkemta entrera en action en brûlant son pied sur le tuyau d'échappement, ce qui a provoqué le cri de la fille entraînant ainsi aux meurtriers d’usage de leur produit toxique. Endormie, elle sera violée par Waffo et Nkemta avant d'être étranglée par Julius. Nkemta coupera les paupières de la victime et filera pour récupérer la prime, dont 180 000 FCFA pour Ndeambou et 250 000 FCFA pour chacun des autres complices.

A Maetur Mimboman vers Nkoabang, la jeune fille, indique notre source, a été rencontrée au hasard d'une patrouille de la bande à Ndeambou. Et c'est lui-même qui passera à l'assaut avec son gant de toilette imbibé du produit toxique pour endormir la victime. Entraînée dans une broussaille, elle sera violée par Ndeambou, Waffo et Doudou avant que Ndeambou ne récupère les paupières. Même prime, sauf pour Ndeambou qui attend toujours le gros lot. A «Nkoabang Petit Château», le même groupe est tombé sur une jeune fille qui se baladait seule. Elle a été maîtrisée sans produit, confie Ndeambou dans ses élucubrations. Elle est traînée dans les herbes, les paupières ôtées et livrées à Tahoc qui s'impatientait déjà à la Gare routière. C'est pour cela qu'elle n'a pas été violée. Les autres ont toujours reçu leur prime tandis que Ndeambou attend toujours. A Nkoabang Village où un autre coup a été perpétré par la bande à Ndeambou. Cette fois, Ndeambou va user de ruse, prétextant que sa moto était faible à la montée d'une côte, elle fait descendre sa victime qui est rattrapée par le reste de la bande qui le suivait avec 2 motos. Ici, le produit toxique est mis à contribution, Doudou va enlever les paupières et sont portées à qui de droit contre la même récompense. Et nous voici de retour à Mimboman 1ère Chapelle où Ndeambou reconnait avoir transporté une jeune fille de Terminus Mimboman à Mimboman 1ère Chapelle.

Pour ce cas, Waffo va se retrouver sur la même moto que Ndeambou et la victime tandis que le reste du groupe suivait sur une autre moto. Arrivée à destination, indique notre source, Ndeambou reconnait que c'est Waffo qui usera du produit toxique pour endormir la jeune fille. Les autres vont la conduire dans une sorte de ravin où elle sera étranglée, violée, les paupières retirées et confiées à Ndeambou qui jouait au guetteur. Les paupières ont été apportées à qui de droit qui aura repris la route de Bafoussam.

Au Complexe Foé Maetur, c'est le même scénario. Cette fois-ci, c'est Nkemta qui était derrière la victime et qui a mis le produit toxique à exécution. La fille sera alors conduite dans la broussaille pour les besoins de la cause. Elle aura été violée, son téléphone récupéré et les paupières remises par Doudou à Ndeambou. Et la suite est connue. A Okui-Maetur où a été agressée Marinette Majini Fezek le 17 janvier 2013, le groupe a opéré en plein jour, sur les coups de 15 heures.

Alors que la jeune dame marchait seule, elle a été attaquée au produit toxique par Nkemta. Elle va s'évanouir. Puis conduite dans une broussaille où sa nuque a été frappée sur une dalle en béton. Violée et molestée, elle a été abandonnée sur les lieux. Elle rendra l'âme une semaine plus tard des suites de ses blessures. S'il passe aux aveux complets aujourd'hui, Bertrand Ndeambou n'est pas moins un voyou comme il en existe dans nos villes.

© C.A | La Nouvelle

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