Cameroun - Yaoundé: Deux enfants noyés au quartier Emana

Le drame s'est produit le 19 septembre dernier au quartier Emana. Jamais un retour de classe n'a été aussi tragique dans cette partie de Yaoundé.

Sur le sentier qu'ont emprunté les deux jeunes, livres et cahiers trainaient encore sur le sol boueux ce matin du vendredi 20 septembre 2013. Le malheur est arrivé dans l'après-midi du 19 septembre. Selon des riverains, les enfants qui rentraient de l'école ont été déséquilibrés par le vent, alors qu'ils traversaient un petit pont en bois. «Ils étaient trois quand ils sont tombés dans la rivière. L'un d'entre eux a réussi à sortir de l'eau et a couru alerter ses parents, qui ont à leur tour alerté le voisinage», raconte Pérol Polssop, motocycliste. Appelés au secours, les sapeurs-pompiers entreprennent de déblayer le cours d'eau encombré d'immondices. Le premier enfant, une fillette de 6 ans, est retrouvé mort quelques mètres plus bas, flottant à la surface de la rivière.

Le second, âgé de 8 ans, est repêché une heure plus tard, inanimé, mais vivant. Se pose alors le problème de son acheminement vers le centre de santé le plus proche. Le corps sera hissé sur une moto et transporté à toute allure à l’hôpital de district de Messassi. Mauvaise idée. Le garçon, affaibli, ne résistera pas aux violents coups de vent. «Quand il est arrivé dans notre centre, il était déjà décédé. Après deux heures d'inhalation des eaux usées, on aurait dû d'abord lui administrer les premiers soins sur place ou du moins, le mettre au chaud. Le transport à moto n'a fait que précipiter sa mort», explique, sous anonymat, un médecin de l'hôpital.

L'annonce de la mort des deux enfants a provoqué un tollé dans la foule de curieux. Injures et coups à l'appui, les riverains s'en sont pris aux membres du corps national des sapeurs-pompiers. Voisins et autres personnes estiment en effet que les secours ont manqué de réactivité. «Ils sont arrivés tôt, mais ont traîné pendant près d'une heure avant de commencer les recherches. Ils hésitaient à entrer dans l'eau, sous prétexte qu'ils n'avaient pas apporté de gilets de sauvetage. Le pire c'est qu'ils n'ont pris aucune disposition pour emmener le deuxième enfant à l'hôpital. Il a fallu que nous-mêmes nous décidions de l'option de la moto», fulmine Rose Mamong, une résidente du quartier.

© Régine Gwladys Lebouda | Le Jour

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