Cameroun - Suicide: Un enfant maltraité se tue

Alain Fotsing, un habitant du quartier Cité de Billes à Douala ne supportait plus les frustrations auprès de sa mère. «Je ne comprends pas comment un enfant de 12 ans peut se suicider.

Comment est-ce qu'il peut attacher les nœuds d'une corde?». Comme de nombreux habitants du lieu-dit Grand magasin au quartier Cité de Billes à Douala, Hugo ne comprend pas ce qui a poussé Alain Fotsing à se pendre le jeudi 18 juillet 2013. Valérie Meboh s'est liée d'amitié avec Ia maman d'Alain depuis deux ans. «Cet enfant vivait au village avec sa grand-mère. Cela fait tout juste un an qu'il est venu à Douala», raconte-t-elle.

D'après Valérie, Alain Fotsing était un garçon calme et portait toujours de vieux vêtements. «Chaque fois que je le voyais, il était en train de travailler», indique-t-elle. Ce que confirme également Julienne Magne, une voisine de la maman d'Alain. Elle fait savoir que le petit se levait chaque matin à 4h pour apprêter la marchandise de sa mère qu'il allait déposer au carrefour. Par la suite, il s'occupait du service et ne quittait la gargote où sa mère vendait des beignets avec du haricot qu'après le départ du dernier client, vers 10 h.

«Ce jeudi-là, je l'ai aperçu à 6 h05, lorsque j'allais au marché faire mes achats», se souvient Julienne Magne, à l'annonce de la mort d'Alain, Julienne a été surprise. «J'ai vu le corps de cet enfant. Il était enflé. Il était en plus très raide. Et sans vous mentir, je ne crois pas à la thèse du suicide», assure Valérie Meboh. Elle se demande pourquoi la maman d'Alain qui retourne habituellement à la maison aux environs de 10 h n'a constaté la mort de son fils qu'à 13 h. «La veille du jour de sa mort, il a été bastonné par le copain de sa mère à cause d'une tasse de bouillie de 50 FCFA qu'il avait renversée. Malheureusement, sa mère a refusé de rembourser», regrette-t-elle.

A la Cité de Billes, personne ne connaît réellement cette famille. En effet, cela fait juste trois mois qu'Alain et sa mère louent une chambre dans une maison occupée par deux autres locataires. «Je sais qu'elle habitait auparavant au quartier Ndogpassi. Mais, Alain était très gentil et surtout serviable», précise Julienne Magne, une autre locataire. Le corps d'Alain Fotsing se trouve actuellement à la morgue de l'hôpital Laquintinie de Douala. Une enquête a été ouverte à la division régionale de la Police judiciaire du Littoral.

© Josiane Kouagheu (Stagiaire) | Le Jour

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