Cameroun - Humiliation : Un député jeté dans la rue à Douala

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Il est reproché à l’honorable Ngah Koumda, puisqu’il s’agit de lui, sept ans de loyer impayés de l’appartement qu’il occupait pour mener des affaires.

Sales temps pour les employés de la SGTE (société générale de transit et enlèvement). Société dont est Pdg, l’honorable Ngah Koumda, député Rdpc de la Lékié. Ce lundi 8 avril 2013, l’ambiance était plutôt aux problèmes qu’aux affaires. Mine crispée, l’air tendu, bref, une apparence de deuil. Ainsi peut-on décrire cette ambiance. Une ambiance témoignant d’un malaise réel au sein de cette entreprise, suite à une crise entre le bailleur et le locataire. Au bas de l’immeuble où est logée, cette société de transit, une fourgonnette de couleur blanche est garée. Juste à côté, des objets, sans dessus dessous conforte cette posture de climat de tensions entre Ngah Koumda et son bailleur.

Et à pied d’oeuvre, des gros bras qui s’activent à charger ce véhicule, de ces objets éparpillés sur la chaussée. Lesquels objets sont constitués essentiellement de matériels de bureau. Notamment, des papiers, des classeurs, des parapheurs, des bureaux, des coffres et bien d’autres. «Cette fois nous sommes cuits», lance un homme, sans doute un employé de la SGTE qui observe tout déprimé ce déménagement d’un autre genre. En effet, ils ont été contraints de force de libérer ce qui tenait lieu de lieu de service jusqu’à ce lundi autour de 12h30 lorsqu’à débarquer les proches du propriétaire de l’immeuble Daouda, situé au quartier Akwa, ainsi que d’un huissier de justice et de quelques éléments de la police, sans oublier les gros bras qui composaient également cette délégation.

Cette descente inopinée musclée, pas du tout courtoise, visait à faire respecter de force, d’après des indiscrétions, une décision du procureur de la république près le tribunal de grande instance du Wouri. Laquelle décision somme l’élu Rdpc de la Lékié à libérer l’appartement qu’il occupe depuis plus d’une décennie. Durant cette période, il aurait passé sept ans d’insolvabilité. Un motif suffisant pour attiser le raz le bol le propriétaire de l’immeuble tel qu’observé ce lundi. « Comment vous pouvez vivre chez quelqu’un pendant sept ans sans payer ? » s’interroge celui qui donnait les consignes, avant de conclure «c’est trop. Vous devez quitter».

D’après nos informations, le député fait depuis la sourde oreille face aux menaces d’expulsion par force. Ce qui est apparu aux yeux du bailleur comme un bras de fer. D’où cette descente musclée qui, à laquelle n’ont pas opposé de résistance les employés de la SGTC. Ceux sont sortis. Permettant aux gros bras de vider l’entreprise, sous le regard vigilant d’un huissier de justice. La serrure de la porte principale de cet appartement a également été changée. Tout comme le revêtement du sol qui devrait lui aussi être renouvelé. Hier des techniciens s’affairaient déjà à cette tâche. La directrice de cette entreprise en l’absence de son patron qui résiderait à Yaoundé n’a pas voulu s’exprimer sur les griefs qui sont retenus contre eux.

Qui est le bailleur de cet immeuble ?

Cette question a toute sa pertinence. Dans la mesure où, nos informations révèlent que l’immeuble Daouda situé en plein coeur d’Akwa, en face de l’immeuble Socar, d’où a été expulsé l’honorable Ngah Koumda et une dizaine d’employés appartient à un homme d’affaires originaire du grand nord, ancien maire (Sdf) de la commune de Douala 2e. Ce dernier serait en fuite. Puisque recherché par la justice camerounaise qui l’a condamné pour «atteinte à la fortune publique». Ce qui nous pousse à se demander qui est donc celui qui agit en lieu et place d’un fugitif. Et pourquoi celui là n’est pas lui aussi interpelé pour exploitation afin de recouvrer la somme que ce bailleur a détournée? L’évolution de cette affaire nous permettra peut être de trouver des solutions à ces interrogations.

© La Nouvelle Expression : Vivien Tonfack

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