Cameroun - Drogues, alcool et tabac: 30 % des élèves à Douala sont les fumeurs

C’est ce qui ressort de l’exposé du psychologue clinicien, Dr Théodore Kommegne sur « les drogues et les conduites additives » présenté jeudi dernier à Douala.

Le constat donne des frissons et interpelle autant les chefs d’établissements scolaires, les parents…et la communauté éducative. Les drogues, l’alcool et le tabac sont, au fil des ans de plus en plus fréquents dans les lieux de la quête du savoir. L’exposé du psychologue clinicien et spécialiste en psychotraumatologie, Dr Théodore Kommegne sur « les drogues et les conduites additives » le prouve à suffisance. 30% des élèves à Douala sont les fumeurs. Les problèmes de la vie poussent 5% des enfants à consommer l’alcool. 70% des enfants de la rue prennent le cannabis. La drogue est la cause de 40% de crimes et délits, 80% des violences conjugales et de 15 à 20% des accidents de travail.

La drogue est dans la cité. Après avoir cité les différents types de drogues de luxe et locale (Cannabis, Tramadol, Héroïne, Iboga (écorce à mâcher et décoction à boire), Champignons Hallucinogènes…et Tapioca), le clinicien explique que « la représentation qu’on fait de la drogue vous donne ce que vous recherché ». « Lorsque vous consommez de la cocaïne, les effets recherchés sont l’euphorie immédiate, un sentiment de toute puissance intellectuel et physique, vous êtes indifférent à la douleur et à la fatigue », dit-il. Plus connu des jeunes, le cannabis, drogue douce se présente sous trois formes différentes. Dans un premier temps il y a ce que tout le monde appelle, la marijuana ou l'herbe. Dans un second temps, elle peut se trouver sous forme de résine.

Enfin, il existe l'huile de Cannabis. Une préparation beaucoup plus concentrée que les autres consommée à l'aide d'une pipe. « Les personnes qui en consomment ressentent une sensation de légère euphorie, de la somnolence mais aussi des crises de rires. En revanche, si des doses trop fortes sont consommées, les personnes peuvent être victimes d'une sensation de léthargie, une perception du temps totalement perturbée et même des difficultés à accomplir des tâches physiques .La dépendance, les troubles cognitifs, le syndrome amotivationnel, les troubles anxieux et personnels », relève le spécialiste de la santé. Et crains pour l’avenir des jeunes. « On tue pour avoir la drogue et on se drogue pour tuer. Un homme normal ne peut vous retrouver dans votre domicile et vous menacer de mort.

L’augmentation de la consommation de la drogue va de paire avec l’augmentation de la grande criminalité », constate-t-il avec regret. Mais que faut-il faire ? Le psychologue clinicien insiste sur la prise en charge et propose des actions ciblées sur la jeunesse. Entre autres, protection physique et juridique de l’enfant (décrochage scolaire, dépistage précoce des maltraitances). Comme traitement de choc, « il faut sensibiliser les décideurs sur le sujet qui tient à cœur toutes les familles, faire comprendre comment on en devient accros et quelle est la conduite à tenir », Toutefois, « l’accompagnement diffère suivant la drogue ou la conduite additive ». Mais, prévenir vaut mieux que guérir.

© B-P.D. | Le Messager

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Date de dernière mise à jour : 25/07/2013