Cameroun - Douala: Un dignitaire du Ngondo accusé de trafic d'ossements

La deuxième audience de cette affaire a eu lieu vendredi dernier au Tribunal de première instance de Nkokotti.

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La deuxième audience de l'affaire de trafic d'ossements était consacrée vendredi 12 juillet 2013, au Tribunal de première instance de Douala Ndokotti aux réquisitions des prévenus, Yves Leonel Esseke, Eric Njeh Ekoum, Geric Gabriel Zipang Tchankia. Tous accusés de «violation de tombeaux et de cadavres en complicité» avec Jacques Akwa II Money Money. Ce dernier, ancien Secrétaire général (Sg) du Ngondo, Assemblée coutumière du peuple Sawa, est présenté par les trois prévenus présents au Tribunal, comme étant le commanditaire de l'acte perpétré dans la nuit du 22 au 23 avril dernier.

Des faits rejetés en bloc ce vendredi par le principal accusé de cette affaire. «Le principal mis en cause est revenu sur ses dépositions précédentes en disant qu'en réalité, il n'était pas question qu'il vienne livrer les ossements humains à Money Money Akwa. Qu'il a toujours dénoncé depuis la première enquête à qui, il partait livrer les ossements. C'est suite à la torture qu'il a été contraint d'accepter. Mais il a reconnu devant la barre que c'était une manipulation», indique Me René Mamfo, l'un des conseils de la défense. «Esseke a confié qu'il allait livrer les ossements humains à un certain Passi à Nyalla Pariso qui devait l'amener voir le grand patron à l'hôtel le Ndé», poursuit l'Avocat. Mais pour l'enquêteur, aussi auditionné ce jour, c'était la première version des prévenus au moment de leur interpellation. «Ensuite, ils ont dit qu'ils venaient de Nkongsamba et allaient voir un certain Epée à Bonapriso», argue l'Inspecteur de Police. Pour l'ancien Sg du Ngondo, par ailleurs oncle de Yves-Leonel Esseke, «ça fait deux ans - que j'ai demandé à Esseke de quitter mon domicile parce qu'il était têtu. Il est allé vivre avec sa grand-mère».

Témoignage

Les rapports sont tendus entre les deux hommes. Une version que ne confirme pas la grand-mère, Marthe Yonga. «J'ai connu M. Money grâce à mon petit-fils. Ils n'ont pas eu de problèmes. Et s'ils en ont eu, je n'en suis pas au courant». indique le témoin de la défense. Pourtant, à en croire ses propos, M Money n'appelait jamais son neveu. Mais, Marthe Yonga soutient curieusement que M. Money Money a appelé, via son téléphone portable, son neveu quelques jours avant son forfait. Un téléphone portable qui était «en panne». La phase de la réquisition achevée, l'audience a été renvoyée au 19 juillet prochain «à la demande du Ministère public», argue le Président de la collégialité, Omam Fils.

Les trois premiers prévenus ont été interpellés dans la nuit du 22 au 23 avril 2013, aux environs de 2h à Nyalla à bord d'une moto. Ils possédaient un sac contenant «des ossements humains». Passés aux aveux, ils présentent Jacques Akwa II Money Money comme étant le commanditaire. Après enquête à la Direction de la Police judiciaire pour le Littoral, ils vont être mis sous mandat de dépôt à la prison de New Bell. Deux de leurs acolytes, les surnommés, «Passi» et «Bobo» sont toujours en cabale.

© SANDRINE TONLIO TIAKO | source: mutations

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