Cameroun - Crimes rituels : Un coeur humain à 5 millions F.Cfa

prison-nkondengui300x300.jpg

12 membres d'un réseau de trafic d'organes ont été arrêtés par la Gendarmerie nationale et incarcérés à la prison de Kondengui.

Crimes rituels à Etoudi. Vendredi dernier, au Groupement territorial de la gendarmerie du Mfoundi, douze hommes, tous des repris de justice, sont soupçonnés d'avoir tué onze filles. Ils opéraient, selon la gendarmerie, dans la zone d'Etoudi et avait à leur tête Samuel Mbonjo, un « feyman », entendez escroc, résidant à Douala. En tout, dix chefs d'accusation pèsent sur eux. Ils ont été incarcérés, ce même jour, à la prison centrale de Kondengui.

Les gendarmes ont remonté la filière grâce à une victime qui a pu s'échapper. Dans la nuit du 27 février dernier, la jeune fille, 18 ans, a emprunté une moto au carrefour Etoudi pour Tongolo, où elle allait assister à un culte. Malheureusement, le conducteur de la moto, avec l'aide d'un complice, lui a recouvert le nez d'un mouchoir imbibé de somnifère. Ils l'emmènent dans une maison, non loin du Makombè hôtel, à Etoudi. C'était leur quartier général, apprend-on. Il est 19h. Deux heures plus tard, la jeune fille reprend peu à peu conscience. Un des truands tente de la violer mais son complice s'y oppose farouchement. « On n'est pas là pour ça. Le patron a dit qu'il veut ses organes génitaux à l'état frais », entend-elle alors furtivement.

Evasion

Les kidnappeurs repartent de la maison en laissant la victime dans un état, croyaient-ils, inconscient. Grâce à son téléphone portable dont ses ravisseurs ne l'avaient pas dépouillée, la jeune fille envoie un message à son papa. Celui-ci alerte la gendarmerie. Des éléments de la compagnie de Yaoundé I vont se rendre immédiatement sur les lieux. Cependant, le père de la victime, aidé par la gendarmerie, donne des instructions à sa fille, toujours via desmessages. « Cherche un endroit, une porte, une fenêtre, par lequel tu peux t'échapper ». Des instructions qu'elle suit à la lettre. « A l'aide de la lampe du téléphone, je me rends dans une autre pièce de cette lugubre maison où je découvre du sang partout et un trou d'aération. », raconte la jeune fille. Elle s'échappe par le plafond. Dix minutes après l'appel, un car de la gendarmerie arrive.

Il est 23h lorsque la gendarmeriemet la main sur Christophe Meyebe Ateka, au niveau du marché Etoudi. Le suspect venait de violer une femme. Il passe aux aveux complets et donne des informations qui permettent de rattraper les onze autres de la bande à Mbonjo, lequel a Nestor Mvogo pour bras droit. Selon Dieudonné Donfack, le commandant de la compagnie de Yaoundé I, le gang écoulait une tête humaine fraîche à trois millions Fcfa. Un coeur ou un organe génital se vendait entre trois et cinq millions F.Cfa. Les enquêteurs ont aussi relevé que le chef de la bande sodomisait ses acolytes à qui il a acheté une maison chacun. Les enquêtes n'ont pas encore permis de savoir qui achetait les organes humains

Modus operandi

Les enquêteurs ont recensé trois modes par lesquels le gang opérait. Le premier consistait à enlever, séquestrer et assassiner les victimes. Des jeunes filles exclusivement. Le second consistait à enlever des prostituées à qui on administrait un puissant somnifère avant de les conduire sur l'axe Douala-Yaoundé pour les exécuter. La gendarmerie signale d'ailleurs que trois prostituées sont portées disparues.

Une a pu être identifiée formellement. Il s'agit de Rebecca Tom enlevée au niveau du carrefour Intendance en début novembre 2012. La dernière stratégie consistait à déterrer des corps fraîchement inhumés dans des cimetières. « Ils coupaient la tête et retiraient les organes », explique le commandant Dieudonné Donfack. A ce stade de l'enquête, la gendarmerie n'a établi aucun lien avec les crimes rituels de Mimboman.

© Le Jour : Chrys Bissoué

Commentaires (3)

1. Eric 12/04/2013

Si la force de l'ordre peut s'y mettre a fond et hyper sincèrement, nous n'allons plus du tout succomber aux actes de ce genre... alors un peut de sérieux s.v.p Que l’Afrique-Cameroon ré-prenne ses racines

2. Gregory 12/04/2013

Bonjours à tous les rédacteurs de Etudiandos,
Une question demeure après la lecture de cette article "à qui vendaient-ils ses organes ? Car si on stop la chaîne il est évident que le trafic cessera si non sa risque de devenir incontrôlable
.

3. marc 12/04/2013

écœurant au point de se demander si la morale existe encore. Vivement que de telles crapules soient pendus haut et court.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau