Cameroon/Tension - Soulèvement populaire à Bafia: Un gendarme tue un jeune homme et provoque la colère de la population

Après un soulèvement populaire…: Le Bir saute sur Bafia

Suite à une émeute populaire consécutive à l’assassinat d’un jeune homme par un gendarme de la brigade routière, le chef-lieu du département du Mbam et Inoubou qui s’est rebellé, a vu l’arrivée du bataillon d’intervention rapide qui a presque tout cassé sur son passage. Jusqu’au moment où nous allions sous presse hier dimanche 5 mai 2013, les nouvelles en provenance de la ville de Bafia faisaient état d’un ratissage généralisé des éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) à travers les quartiers du chef-lieu du département du Mbam et Inoubou. Un habitant de cette ville joint au téléphone par Le Messager explique: « Les éléments du Bir sont entrés dans toutes les maisons de la ville de Bafia. Ils procèdent à des arrestations un peu partout.

Et depuis, des arrestations violentes se multiplient. Au point où les populations sont déroutées». Selon nos informations, cette situation désolante, faite de violences avec mort d’homme qu’a connue Bafia tout le week-end, est arrivé de manière spontanée comme toutes les émeutes populaires que connaît notre pays. Tout serait parti dès l’après-midi du samedi 4 mai dernier. Un gendarme de la brigade routière de Bafia, de passage au lieu-dit Carrefour Messanssang, situé non loin de l’axe lourd Yaoundé-Bafoussam aperçoit des jeunes gens désœuvrés qui meublent leur temps au jeu de hasard appelé vulgairement «Jambo».

Subitement pris par l’envie d’intimider ces jeunes, le gendarme en question les approche et leur demande d’arrêter immédiatement. Malheureusement, les jeunes gens n’entendent pas se laisser intimider. Il s’en suit une altercation qui débouche sur une grosse bousculade. Le gendarme, tout seul, pense alors faire usage de son arme, ne serait-ce que pour dissuader les jeunes qui menacent de s’en prendre à lui. C’est alors qu’un coup de feu part. Un jeune homme tombe. Quelque minutes après, le jeune homme en question est raide mort, atteint mortellement par la balle qui est parti du pistolet automatique du gendarme. Dès cet instant, « les choses se gâtent » pour employer un langage vulgaire.

En un temps relativement court, riverains et les passants qui voient étendu à même le sol le corps d’un des leurs s’en prennent au gendarme qui est copieusement molesté. Il n’aura la vie sauve que grâce à l’arrivée hasardeuse sur les lieux d’un autre gendarme. C’est celui-ci qui réussira à tirer son collègue des mains de la population déchainée, pour le conduire vers un lieu sécurisé. Mais la foule de plus en plus nombreuse et hystérique, va alors barrer l’axe lourd Yaoundé Bafoussam. Pendant tout le reste de la journée, les voyageurs en direction des deux métropoles, sont immobilisés par la foule en furie.

La médiation des autorités administratives ne fera pas fléchir les jeunes qui en veulent aux pandores de Bafia. Ceux-ci, numériquement inférieurs sont appuyés par des éléments venus de Yaoundé après qu’une demande de renfort ait été formulée. En début de soirée plusieurs camions transportant des éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) quitte la capitale pour Bafia. Ces éléments des forces d’élites y arrivent à la nuit tombante. Avec les méthodes qui leur sont propres, ils vont disperser la foule et rétablir la circulation. S’en suit alors un ratissage de la ville, nuitamment. Dans la confusion générale, des arrestations vont être opérée, et nos sources contactées à Bafia, affirment qu’il y aurait des blessés graves au sein des populations du fait de l’action musclée des soldats du Bir.

© Jean François CHANNON | Le Messager

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