Affaire Tchamba Ngassam: Deux ans après, le Camerounais disparu au Congo est sans trace

Parti en mission de travail à Zanaga en septembre 2010, pour le compte de l'entreprise Geospatial Technology Group Congo (GTGC), l'ingénieur des eaux, forêts et chasse est toujours invisible au Congo comme au Cameroun.

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Curieuse affaire. D'après son cochambrier, Tetuh Elvis (de nationalité camerounaise), la mystérieuse disparition de Melvin Tchamba Ngassam (34 ans) à Zanaga (district du Département de Lékoumou dans la région de Pointe Noire) remonte dans la nuit du 07 au 08 avril 2011. Et au moment de sa disparition, les objets et pièces personnels (passeport, alliance de mariage, ordinateur portable, lunettes médicales, diplômes...) de l'ingénieur sont restés sur son lit. Mais, il y a bien d'interrogations qui traversent l'esprit face à cette situation abracadabrantesque. En effet, dans l'ordre de mission n°7 établi à Pointe Noire le 1e octobre 2010, il est mentionné que M. Tchamba est en déplacement pour la localité de Dolisie (Congo). Mais, qu'est-ce qui a pu se passer pour que le disparu d'aujourd'hui se retrouve à Zanaga? Bien plus, quelques semaines après sa disparition, Denis Moussounda, le chauffeur congolais qui l'y avait conduit démissionne de GTGC.

Que peut bien dissimuler cette démission? Et d'après nos investigations, tous les agents qui ont été en mission avec Tchamba Ngassam ont perçu un treizième mois de salaire. Une mesure spéciale, selon notre source, qui n'a jamais été prise par l'entreprise avant (et même après) cette situation. Proposition indécente. En octobre 2012, l'entreprise GTGC invite François Ngassam Tchamba, le père du disparu, pour lui proposer la signature d'un document attestant la reconnaissance du décès de son fils (sans la dépouille), et voir ensuite dans quelle mesure accorder à la famille une indemnisation. Pour bon nombre d'observateurs, en procédant de la sorte, les responsables de l'entreprise congolaise sont vraisemblablement en possession des preuves susceptibles de faire toute la lumière sur les conditions de la disparition du Camerounais. D'ailleurs, d'après d'autres sources bien introduites, le jeune Tchamba n'est pas le premier cas de disparition controversée d'un employé déclaré par cette entreprise congolaise.

Les langues les plus acerbes soutiennent l'hypothèse de l'existence d'un réseau de trafic des ossements bien entretenu par des responsables de l'entreprise GTGC, et de connivence avec les autorités congolaises. Autre incongruité: en mars dernier, le Ministère des Relations Extérieures (MINREX) du Cameroun a reçu de Jean Jacques Hector Ngoto, le Sous-préfet de Zanaga, une copie «du jugement du Tribunal de Grande Instance de Sibiti (Congo) du 31 mai, relatif à la requête par laquelle M. Wankeu Nyamsi Achille a sollicité l'obtention d'un jugement déclaratif de décès du sieur Tchamba Ngassam Melvin, tous de nationalité camerounaise». Ledit document sera par la suite transmis au Ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Aujourd'hui, on attend... Où est passé Tchamba Ngassam? Le plus déconcertant c'est qu'au regard de toutes ces zones d'ombre, les autorités compétentes (la police et la justice) congolaises n'ont jamais entrepris de véritables investigations afin de démêler l'écheveau.

Et côté camerounais, c'est un silence de marbre des autorités devant cette mystérieuse disparation d'un compatriote dans un pays voisin. Toutes les démarches entreprises jusqu'ici par la famille, les collègues de travail et les anciens camarades de la Faculté d'Agronomie et des Sciences Agricoles de l'Université de Dschang sont restées vaines et infructueuses. La société GTGC qui a une filiale au Cameroun, tourne ses affaires en toute quiétude. Pendant ce temps, la famille, l'épouse, les 02 enfants (mineurs) du disparu (et les amis) sont éplorés et abandonnés à eux-mêmes. Pourtant, sans corps, il est difficile à croire que l'époux d'Irène Flore Kamnang Komguep est passé de vie à trépas.

© Pierre Amougou | La Météo

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