CAMEROUN : IL ABAT SA FEMME ET SE TUE

Le commerçant craignait de perdre ses biens. La maison est encore en construction. Les murs d'enceinte sur lesquels sont hérissés des chevaux de frise ne sont pas peints. Dans la vaste cour de cette villa en devenir du quartier Simbock à Yaoundé, des dizaines de personnes sont éplorées. Ce sont des proches de Rigobert et Alice, ce couple de commerçants morts dans des circonstances tragiques le 19 mars 2013 vers 2h du matin.

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Selon l'officier de police principal Ebot Françis Ebot, le 2ème adjoint au commissaire du 9ème arrondissement de Yaoundé à Mendong, Rigobert a abattu sa femme à l'aide d'une arme à feu, avant de la retourner contre lui et de se donner la mort. D'après le policier, les époux se disputaient le contrôle de leur patrimoine. Ils ont commencé leur querelle vers 23h, la veille. Ils en avaient l'habitude, puisque leurs trois enfants qui habitent avec eux sont allés se coucher paisiblement.

Rigobert, 56 ans, était un commerçant installé dans la localité de Tchibanga au Gabon. Il était transporteur et tenait un petit commerce. Il s'était construit une maison à Libreville, la capitale gabonaise. Mais depuis quelques années, il avait entrepris de rentrer s'installer au Cameroun. Il y a fait des investissements. Il s'est servi du frère cadet de son épouse pour construire notamment un immeuble R+3 baptisé « La Mamma », que les habitants d'Etoug-Ebe connaissent bien, car ce bâtiment abrite un snackbar très couru, une autre possession du couple.

Ils avaient aussi un R+1 à Montée Jouvence et des voitures, dont un camion de 12 roues, qui faisait le transport du sable. Quand il est rentré au pays au mois d'octobre 2012, Rigobert a voulu administrer luimême son patrimoine. Or, son beau-frère l'avait inscrit au nom de son épouse. Selon des proches du défunt, le beau-frère essayait de le mener en bateau avec la complicité de sa soeur. Excédé, Rigobert a abattu son épouse avec l'une des deux armes à feu que la police a retrouvées chez lui, avant de se donner la mort.

© Le Jour : Aziz Salatou

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