Cameroon - Sanaga maritime: Un sexagénaire décapité

Le nommé Mbogue Philippe du village Nyakelle dans l'arrondissement de Nyanon est entre la vie et la mort dans le pavillon de réanimation de l'hôpital central de Yaoundé.

Le Cameroun sort-il vraiment de sa barbarie et de sa sauvagerie comme le disaient certains anciens extraits de notre hymne national? Sûrement pas, quand on assiste dans nos villes et villages au carnage et actes d'extrême violence qui, pour des raisons parfois incompréhensibles, sont perpétrés par certains de nos compatriotes. Comme cela est de coutume dans l'arrière-pays, tout serait partie d'une affaire foncière entre la victime Mbogue Philippe plus de 70 ans, et un certain Biboum Jacques.

Ce litige qui n'est qu'à un rebondissement de trop, aurait pourtant été tranché devant les tribunaux à Edéa quand la Justice a conforté le vieux Mbogue dans ses bons droits en déboutant le névrosé Biboum qui, malgré ce verdict dans un Etat de droit, n'a jamais digéré ses frustrations. Ce samedi 20 avril 2013, va marquer une triste tournure de cette affaire qui oppose les membres d'une même famille se disputant des terres dont personne n'est paradoxalement en mesure d'exploiter. Le vieux Mbogue a été attaqué comme un porc-épic avec lances et machettes par Biboum Jacques pendant qu'il se trouvait dans son champ avec ses filles

. D'abord touché, par une lance de son chasseur, le vieil homme a été neutralisé avant de recevoir pas moins de 9 coups de machettes. Un déchaînement d'une rare sauvagerie, qui démontrait le degré de haine d'un homme moins âgé et plus robuste qui n'aurait eu aucun mal à utiliser d'autres moyens pour le contrarier. Les filles du vieux Mbogue ont ainsi assisté impuissantes, à la brutale attaque contre leur géniteur et l'une d'elle qui avait le courage de retirer la lance du corps de son père a été vite rattrapé par l'agresseur qui menaçait d'achever sa victime au cas où cette lance que la fille voulait aller remettre à la Gendarmerie ne lui était pas remise.

Cavald

Une fois son forfait commis, Biboum Jacques se serait administré quelques blessures légères pour donner l'impression qu'il a livré un combat avec le vieux Mbogue, et aurait pris la clef des champs en mystifiant le Commandant de la Brigade de gendarmerie de Nyanon qui s'était lancé à ses trousses malgré le manque d'éléments et de logistique qui limitent sa capacité de réaction. Aux dernières nouvelles, le cannibale Biboum Jacques se serait réfugié à Yaoundé où il serait jalousement protégé par ses frères, notamment celui qui travaillerait à la Crtv...

Comment dans un pays où la justice fonctionne normalement et permet à tout le monde de sauvegarder ses intérêts, des individus manifestement sous l'emprise des drogues et d'une haine aveugle, peuvent-ils encore se permettre de tels actes? Biboum Jacques sera-t-il débusqué de sa cachette afin qu'il s'explique devant la Justice? Les images d'un vieil homme décapité, luttant contre la mort au pavillon de réanimation de l'hôpital central de Yaoundé, étaient insoutenables et interdites aux âmes sensibles. Un paroxysme de la barbarie qui s'apparente à l'animalité.

© Igor Bilep | L'Indépendant

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