Accident a Douala: Un taxi plonge dans le Wouri avec 6 personnes à bord

Outre le conducteur, le véhicule de transport interurbain avait à son bord cinq commerçants. Les secours militaires sans logistique.

Pont sur le Wouri. Ce dimanche 31 mars 2013, il est 13 heures. Sur le fleuve, seul le remous des vagues constitue l’unique activité dans cet espace. Sur le pont, la circulation est lente. De part et d’autre de la voie, les véhicules peinent à avancer. Aux deux extrémités de la passerelle des motos sont garées. A l’entrée du lieu dit Base Elf de nombreux regroupement sont perceptibles. Un sujet fait l’essentiel des discussions et autres conversations perçues même chez les occupants des bancs publics voisins : la chute d’un véhicule de transport à usage commercial dans les eaux du Wouri.

Un véhicule transportant à son bord, outre le conducteur du véhicule, mais aussi cinq commerçants et une cargaison de vivre frais à destination de la ville de Souza. Selon des témoins, la chute aurait eu lieu entre six et sept heures du matin. Paul Emoh indique qu’il s’agit d’un taxi ayant à son bord une demi-douzaine de personnes. Le véhicule en provenance d’un point de chargement situé non loin du Rond point Deïdo. «J’étais sur le pont. En provenance de Bonaberi quand j’ai vu la voiture tomber à l’eau.» La même source précise qu’aucun obstacle n’est à l’origine de cette chute. Préposé à la manutention au marché Sandaga, ce témoin qui affirme avoir renoncé à son gagne-pain après le film de cet accident raconte que «juste après la chute, un monsieur qui faisait du sport sur le pont à plongé à la suite du véhicule avant d’être recupéré par une pirogue de pêcheur quelques minutes plus tard.»

Quelques dizaines de minutes après, des opérateurs sabliers ameutés seront refoulés par des éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) et des sapeurs pompiers présents aux extrémités du pont. «Ils ont indiqué qu’ils voulaient plonger pour sortir les occupants du véhicule mais les éléments du Bir et les sapeurs pompiers ont refusé» Dans le même temps, des sources concordantes indiquent que «les plongeurs de l’armée sont arrivés. Ils ont tourné puis ils sont repartis.» Une assertion corroborée par un gendarme rencontré sur les lieux qui invoque la dangerosité de l’eau. «Il faut une logistique plus appropriée pour effectuer cette opération.» Une opération rendue difficile du fait de la marée haute à ce moment comme le soutient la même source. «Nous sommes simplement confrontés à un problème de grue.»

La source marine soutient que ses camarades et lui auraient repéré le point de chute du véhicule au fond de l’eau. A sa rescousse, l’un de ses camarades explique que l’opération serait également rendue difficile du fait des pesanteurs administratives. «Si cet accident s’était déroulé un jour ouvrable, nous aurions repêché le véhicule. Il se trouve que tout le monde est en week-end ou en la fête ce qui rend difficile le déploiement sur le terrain ainsi que la mobilisation des unités spécialisées.» Sous cape, de nombreux hommes en tenue évoquent des difficultés rencontrées pour l’obtention d’une grue auprès d’un prestataire de la ville.

Présumé disparus Rosalie M. est commerçante. Présente sur les berges du Wouri ce 31 mars 2013, la jeune femme croit savoir que le véhicule en attente d’extraction des eaux du Wouri est celui de son frère aîné. Entre autres arguments, cette habitante du quartier Deïdo raconte avoir rencontré le chargeur dudit véhicule au point de chargement situé non loin du collège Alfred Saker. En sus, tous les appels initiés en direction de son parent restent sans réponses. Rencontré quelques temps plus tard, le chargeur affirme s’être séparé de son «partenaire» aux environs de 7 heures moins. «C’est curieux. Moi aussi j’essaie de le joindre depuis ce matin sans succès.»

Ayant fait un chargement de vivres frais et de marchandises à destination de Souza (une trentaine de kilomètres de Douala, Ndlr), le disparu Merlin Fokeu n’a pas refait signe de vie depuis lors. Idem pour certaines revendeuses de vivres frais dont les congénères restent sans nouvelles au marché Sandaga. En sus, précise le chargeur, «à pareil moment (il est 16 heures, Ndlr), il serait au moins à son sixième tour de voyage.» Au moment où nous allions sous presse les équipes de plongée attendues n’étaient pas arrivées sur le Wouri. Dans le même temps, parents, amis et collègues du chauffeur noyés étaient toujours sans nouvelles de lui. Encore moins de ses clients.

Joseph OLINGA N.

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