VOICI POURQUOI CAMRAIL N’A PAS RENOUVELÉ LE CONTRAT DE SITRAFER ::

Camrail3 040414300Lors d’une récente conférence de presse tenue le 4 avril 2014, Jacques Bimaï, avait dit avec ses mots les raisons qui ont conduit à la rupture contractuelle entre la Cameroon Railways (Camrail) et la Société Internationale des Travaux Ferroviaires (Sitrafer). Jacques Bimaï est l’Administrateur Directeur Général (ADG) de la Sitrafer, une entreprise spécialisée dans la maintenance du chemin de fer.

Le contrat originel qui liait la Sitrafer à Camrail avait été signé pour une période de 10 ans (2001 -2011). Aujourd’hui, il n’est plus question du renouvellement d’un contrat décennal entre les deux compagnies. Les responsables de Sitrafer croient voir une main politique derrière leur disgrâce.

Pourtant, plusieurs documents internes longtemps classés « top secret » et dont Camer.be a puis se procurer copie révèlent biens d’informations en défaveur de la Sitrafer. Du coup, l’on en sait désormais un peu plus sur la position de la Camrail. Il s’agit pour l’essentiel, des reproches objectifs faits par Camrail à son partenaire Sitrafer qui commence à montrer des signes d’essoufflement dès 2007.

Travaux payés par Camrail, employés sans salaire chez Sitrafer

Le concessionnaire exclusif des chemins de fer du Cameroun (Camrail) liste l’incapacité récurrente de Sitrafer à exécuter les travaux dans les délais. « Une constante matérialisée par plusieurs correspondances de la Direction générale de Camrail à l’adresse de Sitrafer » précise la direction de Camrail en réponse à une demande d’informations introduite par Sitrafer. Les administrateurs de Camrail invoquent également dans leurs précisions: « Les nombreuses grèves du personnel dues pour l’essentiel au non-respect des obligations de Sitrafer vis-à-vis de ses employés ».

Ces problèmes ont sérieusement handicapé la conduite des travaux de maintenance sur les voies ferroviaires du Cameroun « avec à la clé des retards dans la mise en œuvre des programmes de maintenance et des risques probants de déraillements » déplore la Camrail.

Gérard Quentin, le directeur général de la Camrail, indiquait déjà en septembre 2012 que « Camrail [rappelle qu’elle] paie à échéance l’ensemble de ses fournisseurs y compris Sitrafer conformément aux termes ». C’est ainsi qu’au titre de l’année 2011, Camrail avait versé près d’un milliard de Fcfa à la Sitrafer au titre des travaux réalisés. Une partie de cette somme d’argent représentait un acompte de démarrage des travaux futurs sur bon de commande du 2nd trimestre 2012.

Il est utile d’indiquer à ce stade de notre enquête que la Sitrafer a reçue de Camrail sur la période 2007-2001, le paiement de 8.295.355.422 FCFA au titre des travaux réalisés chez Camrail. Le siège de la Sitrafer (à Bonapriso et à Douala-Bassa) est désormais une cible potentielle du personnel de cette société. Les travailleurs de la Sitrafer s'insurgent fondamentalement contre la mauvaise gestion de l'actuel ADG Jacques Bimaï. Le délégué du personnel de la Sitrafer Jean Bella avait d’ailleurs déclaré il y a peu que : « Nos droits sont bafoués car après 10 ans de travail, nous n'avons rien cotisé à la CNPS. Que peut faire un camerounais s'il se rend compte qu'après 10 ans, il n'a rien gagné. »

Le Ministre du Travail et de la sécurité sociale, Grégoire Owona est souvent intervenu instruisant les deux sociétés (Camrail-Sitrafer) d’accorder leurs violons dans le sens de l'assainissement du chemin de fer au Cameroun. La signature d’un nouveau contrat de maintenance des chemins ferroviaires étant le principal enjeu.

Fin de l’exclusivité de Sitrafer et introduction de la concurrence comme piste de solution

Fort des difficultés sus-invoquées, la Camrail a pris sur elle la responsabilité de supprimer l’exclusivité de la Sitrafer «pour ne pas paralyser notre réseau du fait d’un prestataire » se défend la Camrail qui « utilise à ce jour les services de quatre entreprises camerounaises dans le cadre de la maintenance de la voie (Sitrafer, Nasmo, Socarrema et Scin). Sitrafer gère 70% du marché des travaux de renouvellement de la voie » conclut la Camrail.

Pour rappel, Sitrafer et Camrail ont depuis signé un nouveau contrat de maintenance qui arrive à échéance le 31 décembre 2014. Camrail espère désormais le renforcement de la concurrence seule vertu pour la compétitivité.

Note de la rédaction de Camer.be : Dans une prochaine analyse, nous reviendrons sur les retards et manquements des équipes Sitrafer ainsi que sur l’externalisation par Camrail des travaux non exécutés par la Sitrafer (en 2010 notamment).

© Camer.be : Oswald Hermann G’nowa

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