Visite de travail en France: Paul Biya suspendu au «oui» de François Hollande

Le président de la République qui est rentré hier, 21 janvier 2013 à Yaoundé devrait recevoir l’ambassadeur de France pour la confirmation ou non d’un tête à tête avec François Hollande lors de sa mission économique en France. Au cours de cette audience, la France devrait fixer ses conditions définitives pour la tenue de cette entrevue.

On le sait depuis hier après-midi. Paul Biya a choisi de sortir de son « court séjour privé en Europe » avant de prendre éventuellement la direction de Paris pour une visite de travail. Le président de la République du Cameroun qui a foulé le sol de Yaoundé ce 21 janvier 2013 après deux semaines passées à Genève en Suisse devrait recevoir en audience dans les heures à venir, l’ambassadeur de France, Bruno Gain qui, d’après nos sources au secrétariat général de la présidence de la République, présentera au chef d’Etat de son pays d’accueil la « lettre de cabinet » adressée par le palais de l’Elysée à Etoudi et visant une invitation officielle de la France adressée à Paul Biya.

Ceci fait suite à une « lettre de chancellerie » adressée par le ministère des Relations extérieures à l’Elysée en début janvier 2013, laquelle portait sur une demande de visite de travail du président camerounais assortie d’un tête à tête avec son homologue français. Si rien ne cloche donc, cette audience de Paul Biya accordée à Bruno Gain pourrait se tenir demain 23 janvier, en tous les cas, au plus tard le 25 courant, confient les mêmes sources.

Ladite rencontre permettrait aux deux parties d’effectuer les derniers réglages concernant l’agenda de Paul Biya en terre française et surtout de consigner les principaux sujets devant meubler l’entrevue fixée provisoirement par le protocole de la République française au mercredi 30 janvier 2013 à 15 heures. C’est-à-dire, quelques heures après la tenue du conseil des ministres hebdomadaire en France.

Michel Atangana

Nos sources à la direction Europe du Minrex indiquent que cette visite de travail prendra une forte coloration économique, à en juger par les rendez-vous déjà calés avec les milieux d’ affaires hexagonaux sous l’égide du bureau Afrique du Medef (principal regroupement patronal de France) et le projet de composition de la délégation officielle du Cameroun (constitués des ministres en charge de l’Energie et de l’eau, de l’Economie, des Finances, etc.) mais peut être annulée, perturbée ou simplement refroidie par le cas Michel-Thierry Atangana, emprisonné depuis 16 ans au Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed). « Les Français veulent un geste fort dans le sens de l’élargissement de leur compatriote. Il n’est pas impossible que sans ce geste, Hollande renonce au tête à tête ou alors se montre très froid envers notre président durant l’entrevue. Nous préparons tout cela en ce moment », confie un diplomate en poste au Minrex.

En effet, l’Elysée a bien affiché son vœu d’inscrire le cas Atangana au menu de la visite de Paul Biya. Dans ce sens, la conseillère Afrique de François Hollande, Hélène Le Gal fera recevoir demain après-midi, pour un briefing de circonstance, Remi Barousse, avocat français de l’homme d’affaires embastillé. A Paris, des journalistes ayant leurs habitudes dans les hauts lieux de décision confient avoir été informés d’une rencontre entre Patricia Balme, une des lobbyistes attitrée de Paul Biya et Maître Remi Barousse. Ce dernier souhaite obtenir un non-lieu de l’Etat du Cameroun (prévu par l’article 64 du code de procédure pénal au Cameroun) synonyme d’abandon des poursuites contre son client. On saura d’ici au 29 janvier, si la brume s’est dissipée entre Yaoundé et Paris.

Le Messager

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