Verdict: Le procès de Lapiro va reprendre au Tgi

Jeudi dernier, la Cour suprême du Cameroun a rejeté la décision rendue par la juridiction d'instance à Nkongsamba, ainsi que l'arrêt de la Cour d'appel du Littoral.

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Le procès Ministère public et Société des plantations de Mbanga (Spm) contre Lapiro de Mbanga, relativement aux émeutes de février 2008, va reprendre au Tribunal de grande instance (Tgi) du Moungo, à Nkongsamba. Ainsi en a décidé la Cour suprême du Cameroun qui a vidé sa saisine dans cette affaire le 20 juin 2013. Le collège de 7 juges, ayant pour rapporteur le Conseiller de la Cour suprême, a vidé sa saisine en ces termes: «La Cour casse et annule l'arrêt de la Cour d'appel du Littoral dans le cadre de cette affaire.

Evoquant à nouveau, annule le jugement en matière criminelle du Tribunal de grande instance du Moungo. Renvoie la cause et les parties devant le même Tribunal (Tgi du Moungo) autrement composé à partir de l'acte de saisine». Le procès du musicien était inscrit au premier rôle de la Chambre pénale de la Cour suprême, jeudi dernier. Contacté au téléphone, Me René Manfo, le Conseil de Lapiro de Mbanga, s'est félicité du verdict de la plus haute instance judiciaire du Cameroun.

«Je vais m'asseoir pour organiser la défense. Il est vrai que nous aurions souhaité que la Cour suprême déclarât Lapiro non coupable, mais son arrêt est déjà quelque chose», a-t-il affirmé. L'Avocat répondait à la question de savoir comment il allait procéder en l'absence de Lapiro, en «exil» depuis bientôt un an aux Etats-Unis d'Amérique, après l'expiration de sa peine. L'Avocat s'est notamment félicité du fait que «la Cour a renvoyé l'affaire non pas devant la Cour d'appel du Littoral, mais devant le Tribunal de grande instance du Moungo où elle devrait reprendre à zéro».

En mars 2008, quelques semaines après les émeutes dites de la «faim» qui avaient secoué plusieurs localités du pays, le chef du quartier 12 de Mbanga avait été interpellé et écroué à la prison principale de Nkongsamba. Il était accusé d'avoir organisé, de mèche avec des jeunes de la localité de Mbanga dont il est natif, des pillages en bande et des destructions de biens. Au premier rang des plaignants, la Société des plantations de Mbanga (Spm) accusait l'artiste d'avoir incité des jeunes en furie à piller ses plantations de bananes.

En instance, l'artiste avait été condamné à trois ans de prison ferme et il devait payer 280 millions de FCFA dont 200 millions à la Spm, à titre de dommages et intérêts. Le 24 juin 2009, la Cour d'appel avait confirmé la décision du Tgi en retenant contre l'artiste les motifs de «pillages en bande».

© Théodore Tchopa | Le Jour

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