Un camp de Boko Haram détruit par l’armée

La secte a perdu plusieurs hommes lors des combats. C’est assurément l’une des plus grosses opérations de l’armée camerounaise depuis le début de sa confrontation avec la secte islamiste Boko Haram.

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Les 21 et 22 novembre 2014, sur la base d’informations précises, un important détachement de l’armée camerounaise a encerclé la bourgade de Bornori dans l’arrondissement de Kolofata, à 15 km de la frontière avec le Nigeria. Ici, à l’abri des regards indiscrets, la secte islamiste avait établi un camp d’entraînement qui voyait passer régulièrement de nouvelles recrues mais qui, jusque-là, avait échappé à la vigilance des autorités en raison non seulement de la broussaille qui sépare la bourgade de la frontière du Nigeria mais aussi du silence suspect des populations locales. «Entre Bornori et la frontière nigériane, c’est un no man’s land entièrement contrôlé par Boko Haram. Ils ont donc établi leur camp à l’abri des curieux et la population était sous leur joug», témoigne une source introduite. A partir de cette position stratégique, les combattants de la secte faisaient régner la terreur dans les villages environnants.

De Tolkomari à Bia en passant par Gangsé jusque dans certains villages du Mayo-Tsanaga, les combattants établis dans ce camp tuaient de paisibles citoyens, pillaient leurs greniers, emportaient des motos. Quant au bétail, ils en avaient fait leur chasse gardée. Pas une seule journée ne se passait sans qu’aux alentours un brave éleveur ne voit quelques têtes emportées. Butin qui était convoyé vers d’autres fronts de la secte au Nigeria, soumis à un embargo alimentaire écrasant pour les combattants. Selon nos informations, les militaires ont mis en place, dans la journée du 21 novembre 2014, un maillage serré du secteur. Seuls ont été autorisés à passer entre les mailles du filet, femmes et enfants. Les hommes étaient invités à se soumettre à un interrogatoire.

Pris au piège, les combattants de Boko Haram ont décidé de livrer bataille, laquelle ne s’est terminée qu’aux premières heures du 22 novembre 2014. «L’armée a donné la possibilité aux combattants de se rendre, mais beaucoup ont préféré se battre et ils ont été décimés. Il est difficile de donner un chiffre exact, mais il y avait des morts partout. Il faut chercher au-delà d’une centaine de morts», indique un riverain. En plus des prisonniers acheminés à Maroua, l’armée a également mis la main sur un important stock de motos dont la plupart avaient été arrachées de force à leurs propriétaires. «Deux à trois combattants utilisent d’ordinaire une moto, cela peut vous donner une idée de leur nombre. En tout cas, ils ont été sérieusement secoués», renseigne une source introduite. En tout état de cause, cette raclée infligée à la secte par l’armée, alors même qu’elle entend mettre à profit la saison sèche pour perturber la quiétude des populations, est venue mettre du baume au coeur des populations du Mayo-Sava.

© L’Oeil du Sahel : YVONNE SALAMATOU

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