Un autre gang spécialisé dans les Crimes rituels démantelé à Yaoundé

Ils ont été présentés à la presse vendredi dernier à la gendarmerie du Mfoundi

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Nous l’appellerons Grâce B., la jeune fille de 18 ans qui a échappé de justesse à ses bourreaux, il y a trois semaines, alors qu’elle était déjà conduite dans "la chambre d’exécution". « Ce mercredi là, commence-t-elle, son récit, j’emprunte une moto-taxi vers 19h au niveau d’Etoudi-cimetière pour le lieu dit "Entrée Canal 2". Un deuxième passager est embarqué et le cap est mis vers une destination qui n’est pas la mienne. Quand je proteste, ce passager me fait inhaler un produit versé sur un mouchoir qui me fait perdre connaissance. Je me réveille autour de 21h dans une pièce sombre et sur une dispute entre mes kidnappeurs. L’un d’eux veut me violer, l’autre s’interpose en arguant que le "patron", attendu sur les lieux, demande un organe génital frais ». Grâce B. est ensuite abandonnée dans la pièce fermée à double tour. Les malfrats ont probablement oublié d’arracher son téléphone qui lui permet d’envoyer un Sms de détresse à son papa, puis un autre à une amie… « A l’aide de la lampe du téléphone, je me rends dans une autre pièce de cette lugubre maison où je découvre du sang partout et un trou d’aération. C’est par là que j’ai pu m’évader par la grâce de Dieu», conclut-elle.

A peine la jeune fille a fini ce témoignage qu’un mini-bus de la gendarmerie bondé des présumés coupables s’immobilise dans la cour du Groupement territorial de la gendarmerie du Mfoundi. Les occupants s’illustrent par un chahut qui frise le défi. Ils parlent à tue-tête avec de grands gestes de mains. On perçoit des phrases comme : « Nous ne descendons pas ! Où sont les preuves ? Où sont nos receleurs ?».Dans cet imbroglio, certains pleurent à chaudes larmes en invoquant… Dieu. Comme promis, ils ne descendent pas du bus.

Dans la salle attenante, le lieutenant-colonel Pierre Bomba Yene, accompagné du commandant Dieudonné Donfack et du lieutenant Cyrille Maurice Ndzana, chef du bureau spécial de recherches et enquêtes criminelles, rassemble les hommes de médias. On apprend que les occupants du mini-bus sont un autre groupe de spécialistes de crimes rituels démantelé au quartier Etoudi où ils viennent d’établir un nouveau fief non loin de l’hôtel Makombé.

Des sources fiables confient que la brigade de gendarmerie du quartier Mimboman (ancien bastion des criminels) où le lieutenant Ndzana assure l’intérim, a miné la zone de jour comme de nuit. Et les malfrats se sentant en insécurité, se sont déportés à Etoudi. D’après le lieutenant-colonel Bomba, C’est un coup de fil d’une famille éplorée qui met la puce à l’oreille. « Dans la nuit du 27 février 2013, dit-il, vers 23h, la gendarmerie a été saisie par téléphone d’un cas d’enlèvement d’une jeune fille d’environ 18 ans… ». La suite, Grâce B. a raconté. Et les fins limiers ont fait le reste.

Les gendarmes confient que les malfrats d’Etoudi ont été pris en flagrant délit, quinze minutes après le coup de fil de détresse. A leur actif, onze cas, avec le même modus operandi : l’enlèvement ou la drague, la drogue, l’assassinat, le prélèvement d’organes. Le groupe d’Etoudi pousse le bouchon plus loin en profanant de nouvelles tombes à la cherche de la "précieuse marchandise".

© Jeanine FANKAM | Cameroon Tribune

Commentaires (1)

1. majoeliane 18/05/2013

ou va le monde il faut faire urgemment quelque chose contre cette montée en puissance des crimes rituels/ Félicitations à nos forces de police et du courage surtout n'abandonnée pas la population et penser à la vie de vos filles

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