Un accord sur les réfugiés suscite des divergences entre le Cameroun et le Nigéria

Ledit accord qui n’a pas encore été ratifié par la partie nigériane devrait constituer un cadre légal dans la gestion de la reconduite des réfugiés dans leur pays d’origine

Le protocole d’accord portant sur le rapatriement des réfugiés nigérians du Cameroun n’avait pas encore été signé ainsi qu’annoncé mercredi en mi-journée, au terme d’une visite de travail du ministre nigérian de l’Intérieur, Abdulrhaman Bello Baudazau, ont rapporté plusieurs correspondants de médias en poste dans l’Extrême-Nord camerounais.

Les mêmes sources, jointes au téléphone, ont fait état de « divergences significatives » entre les parties, la délégation nigériane ayant demandé à examiner à tête reposée le document proposé par son voisin.

Le ministre camerounais de l’Administration territoriale, René Emmanuel Sadi, semble d’ailleurs confirmer ce malaise, qui dans les colonnes du quotidien à capitaux privés La Nouvelle Expression espère l’entrée rapide [i « dans la phase active de cette opération [afin d’engager le rapatriement des Nigérians dans leur pays »].

L’on note que plusieurs sources, dans l’Extrême-Nord, ont fait état depuis janvier dernier d’exactions de soldats camerounais et de renvois forcés de plus de 20.000 réfugiés nigérians sur leur territoire, dans des zones où continue de sévir la secte islamiste Boko Haram.

Ces assertions avaient, voici un mois, été à l’origine d’un communiqué musclé du porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary : « Certaines personnes de nationalité nigériane reconduites du territoire camerounais vers leur pays d’appartenance, sont en fait des réfugiés ayant fui les zones dans lesquelles l’armée nigériane mène un combat acharné contre les terroristes du groupe Boko Haram, pour trouver refuge en terre camerounaise où ils sont accueillis avec hospitalité et convivialité. Au fur et à mesure que ces zones sont stabilisées en territoire nigérian, les réfugiés sont alors reconduits dans leur pays et ceci, avec leur consentement ».

L’accord proposé aujourd’hui par le Cameroun, selon la version officielle, devrait constituer le cadre légal dans la gestion de la reconduite dans leur pays desdits réfugiés en conformité avec le droit international.

Le camp de Minawao (Extrême-Nord), prévu pour 18.000 personnes, accueille 52.000 Nigérians selon les chiffres officiels, sans compter plusieurs autres de leurs compatriotes accueillis dans des familles de la région.

 http://www.camernews.com/

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