Trois religieux enlevés en avril au nord du Cameroun ont été libérés

Les deux prêtres italiens et la religieuse canadienne, une fois arrivés à l’aéroport de Nsimalen, le 1er juin 2014, à bord d’un avion de ligne ont été transférés dans les résidences de leur ambassadeur respectif.

Trois religieux enleves en avril au nord du cameroun ont ete liberes article popin@Cette photo prise en janvier 2014 montre les prêtres italiens Giampaolo Marta (à gauche), Gianantonio Alllegri (à droite) près de Maroua, dans le nord du Cameroun.

Extrême-Nord: Les religieux enlevés libérés

Les prêtres italiens et la sœur canadienne kidnappés en avril ont regagné Yaoundé hier 1er juin 2014, en compagnie du secrétaire général de la présidence de la République. Film d’une libération dans la pure discrétion. Les pères Antonio Giovani Alligri, Paolo Marta et la Sœur Gilberte Bissiére sont libres. La nouvelle a fait le tour du monde hier en l’espace d’une heure (7h-8h). Mais peu de Camerounais en savent davantage sur les circonstances de cette libération pilotée, en toute discrétion, par la présidence de la République. En effet, même le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Augustine Awa Fonka, n’aurait été notifié qu'après le transfèrement, sous forte escorte, des ex-otages vers l’aéroport international de Maroua-Salak. Selon des sources proches du Bataillon d’intervention rapide, c’est aux premières heures de la matinée du 1er juin que les trois (03) religieux canadiens et italien sont libérés. Leur présence est ensuite signalée autour de 4h ce jour là dans la localité de Mémédans le département du Mayo Sava.

Les ex-otages, après moult tractations, sont ensuite transférés vers l’aéroport international de Maroua où les attendait un avion spécial en provenance de Yaoundé. Sur place, un dispositif sécuritaire impressionnant est mis en place. La presse est tenue à distance par des éléments du Bir. Impossible de recueillir l’avis des ex-otages et celui des autorités mobilisés à l’aéroport. Après quelques civilités circonstancielles, le Sgpr Ferdinand Ngoh Ngoh, les religieux libérés et la suite qui l’accompagne embarquent à bord du «vol spécial». Direction Yaoundé. « Il y a anguille sous roche dans cette libération. Même si nous nous réjouissons que les trois otages ont recouvré la liberté, il va falloir que le gouvernement nous explique comment s’est déroulée leur libération », a confié au Messager un responsable d'Ong en poste à Maroua. Ce dernier dit s'inquiéter de la santé de la sœur Gilberte Bissiére. "Elle présente des signes de fatigue et les nouvelles qui nous sont parvenues amènent à penser qu'elle ne se porte pas bien", dit-il. Cette libération des Canadiens Antonio et Paolo et de la sœur Gilberte est au centre de toutes les supputations.

Des fantasmes davantage alimentés par la loi de l’omerta appliquée dans l’affaire. Il nous souvient que c’est dans la nuit du 4 au 5 avril que les trois (03) religieux avaient été enlevés à Tchéré (Méri). Le rapt n’a jamais été revendiqué, mais tous les soupçons étaient dirigés vers la secte islamique Boko Haram. Récemment, des négociations avaient été entreprises par la présidence pour obtenir cette libération. Rançon ou pas rançon ?

Salomon KANKILI /© Le Messager

Après leur libération…

Les ex-otages remis à leurs ambassades Les deux prêtres italiens et la religieuse canadienne, une fois arrivés à l’aéroport de Nsimalen, le 1er juin 2014, à bord d’un avion de ligne ont été transférés dans les résidences de leur ambassadeur respectif. Il est 13 heures passées de deux minutes, dimanche 1er juin dans l’ après-midi, lorsque le cortège, d’une dizaine de véhicules s’immobilise devant la résidence de l’ambassadeur d’Italie au Cameroun bordant une rue tranquille du quartier Bastos. Le soleil particulièrement sévère ce jour n’empêche pas les journalistes, qui font le pied de grue depuis plus de deux heures, de s’ébrouer pour ne pas rater l’arrivée de ceux dont on avait annoncé la libération quelques heures plutôt à Maroua.

Les véhicules de police, sirènes hurlantes, forment un périmètre de sécurité tandis qu’un minibus, de marque Mercedes, du Bataillon d’intervention rapide (Bir), manœuvre pour se garer juste devant le portail de la résidence, devant lequel campait déjà depuis plusieurs minutes un élément de la Compagnie de sécurisation des diplomates de la police nationale. Le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary et le plénipotentiaire italien, aidés de plusieurs officiels de la présidence, s’assurent du dispositif pendant qu’une vingtaine de soldats du Bir, l’œil mauvais, se déploient pour former une haie de sécurité entre le bus et la résidence. Deux hommes, le teint basané, le cheveu coupé court, la chemise de plage, vêtus de jeans et tenant chacun un sac de toile noir, vont sauter du minibus et disparaître dans la villa. Le portail sera immédiatement refermé derrière eux.

Il faudra un certain temps aux curieux présents pour se rendre compte qu’il s’agissait de Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri les deux prêtres italiens enlevés deux mois plutôt en compagnie d’une religieuse québécoise. Restées dans le véhicule du Bir, assises tout au fond, deux femmes d’âge avancé discutent. Vêtue d’une chemise rose, Gilberte Bussier, qui apparaît être la plus âgée sourit faiblement, ne prêtant que peu d’attention à tout ce qui se passe autour. La religieuse canadienne semble affaiblie mais heureuse. Déjà le cortège s’ébranle pour se diriger vers la résidence du Haut commissariat du Canada, située une rue plus loin. Le tout s’est passé en moins de dix minutes. Chez le diplomate Canadien, la sécurité sera encore plus stricte. Les journalistes sont tenus à très bonne distance. Aucune déclaration officielle ne sera faite et les hommes de médias seront priés de libérer les lieux par la sécurité. Un policier confie que les deux diplomates avaient souhaité que cette arrivée ne soit pas médiatisée.

Ludovic AMARA (Stagiaire)/ Le Messager

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