TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE BERTOUA : LE LIBANAIS QUI DICTE LA LOI

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M. Zaghlout Mouhamad Ali Mamedi a écopé de 5 ans d’emprisonnement ferme en février dernier et est sous le coup d’un mandat d’arrêt. Il n’est cependant pas inquiété.

Le 08 mai 2014, s’ouvre devant la cours d’appel de l’Est le procès en appel de l’affaire opposant la société Transport Omaïs Kassim (Tok) à son ancien pompiste, M. Ahmadou Abdoullahi et à M. Zaghlout Mouhamad Ali Mamedi, un riche homme d’affaire de nationalité libanaise. Le 04 février 2014, le tribunal de grande instance de Bertoua, lors d’une audience présidée par M. Jean Claude Angoula, a infligé des peines d’emprisonnement ferme aux deux hommes.

Reconnu coupable d’abus de confiance aggravée. Le premier a écopé de 8 ans de prison tandis que le second a écopé de 5 ans pour s’être rendu coupable des faits de recel aggravé. Depuis lors, M. Ahmadou Abdoullahi poursuit son séjour à la prison centrale de Bertoua. Il y avait été mis en détention provisoire en novembre 2011. Son coaccusé, M. Zaghlout Mouhamad Ali Mamedi ne connait pas le même sort. Le riche homme d’affaire libanais jouit plutôt de sa liberté malgré sa condamnation et en dépit du mandat d’arrêt décerné à son encontre depuis le 04 février 2014.

Le procès qui s’ouvre en appel avait tenu en haleine la capitale de la région de l’Est durant les deux premières années de procédures. Au cours d’une audience particulièrement très courue, Me Charles Tchoungang, avocat de M. Zaghlout Mouhamad Ali Mamedi, avait rendu public une lettre incendiaire adressée au ministre de la Justice, garde des Sceaux, par le coaccusé de son client. M. Ahmadou Abdoullahi relate dans cette lettre les pressions exercées à son encontre par le juge d’instruction ayant mené l’information judiciaire, M. Roger Nyonse. Entre autres faits de concussion, il relate que « ce juge d’instruction qui avait demandé à mon frère, Ali Garga, en service à la direction de la sécurité présidentielle (Dsp), de lui remettre 500.000 FCFA et de préparer un garant pour ma liberté provisoire.

Après avoir reçu cette somme d’argent et les garanties exigées, il n’avait pas tenu ses à promesses. Au contraire, il a changé de stratégie et exigé de moi que j’avoue ma culpabilité dans la distraction du carburant à Tok et que je porte des accusations contre Zaghlout Mouhamad Ali Mamedi, le directeur général de la société de transports Transamazonie, pour recel aggravé. Chose que j’ai refusée. » Le magistrat véreux a également employé les services d’un gardien de prison en service à l’infirmerie de la prison centrale de Bertoua, pour « me contraindre à accepter l’établissement d’un certificat médical attestant de mon statut sérologique positif à la tuberculose et au Sida contre ma mise en liberté provisoire pour raisons médicales.

[…] J’ai par la suite rendu compte de cette entrevue curieuse au greffier en chef de la prison. » En outre « sur les conseils de Roger Nyonse », M. Ahamdou Abdoulllahi a vendu sa maison afin de pouvoir verser la caution de 3.500.000 FCFA exigée pour sa mise en liberté provisoire qu’il n’a pas non plus obtenue bien qu’ayant versé en totalité cette somme le 24 octobre 2012. Miné par ses déboires, il a formulé appel par le biais de son conseil, Me Noel Vital Noah. Idem pour Mes Tawet et Tchoungang pour le compte de M. Zaghlout Mouhamad Ali Mamedi.

© Essingan : Fabiola Mendome

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