TITUS EDZOA, «JE N’AI PAS DE GRATITUDE À ADRESSER AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE »

Titus edjoa020314300L’ancien secrétaire général de la présidence de la République a refusé d’adresser un mot d’apaisement envers le chef de l’Etat lors de la conférence de presse qu’il a donné ce 01er mars 2014 à Yaoundé.

C’est en pleine forme que le Pr Titus Edzoa a tenu à rencontrer les journalistes ce samedi matin dans un coin de sa résidence. Un simple pantalon, une chemise blanche suffisamment ample, l’œil étincelant et un large sourire. L’ancien membre du gouvernement emprisonné ces 17 dernières années a tenu à poser les repères de la discussion dès les mots de bienvenu. «Quand on fait la paix, on la fait avec tout le monde», a-t-il lancé.

Traduction en de termes simples. Le scandale des écoutes téléphoniques rendu public par la presse au moment de son incarcération et implication certaines personnalités tels qu’Amadou Ali et Akame Mfoumou ne lui serait pas resté en travers de la gorge. «Si je les rencontre maintenant, je vais leur serrer la main avec un sourire, affirme-t-il. Pas un sourire narquois mais un sourire sincère».

Quid de celui qui, «s’il n’avait pas accepté mon arrestation en 1997 je n’aurai pas été en prison et qui a signé le décret de ma libération» ? L’ancien locataire de la prison secondaire de Yaoundé localisée au secrétariat d’Etat à la défense se veut laconique et précis. « Ne mêlez pas le président de la République aux autres. Mes relations avec lui ne vous concernent pas», a-t-il commencé. C’est au détour d’une autre question sur les conditions dans lesquelles lui et Michel Thierry Atangana ont été libérés que celui qui a démissioné de son poste de ministre de la Santé se lâche. «Notre libération est la conjugaison de facteurs extérieurs et intérieurs… Les interventions extérieures ont été compassionnelles. Le président de la République a agit dans un contexte rationnel et d’étonnement.

D’aucuns disent que ‘‘vous avez dit vos remerciements à l’extérieur mais rien au président de la République !’’ Eh bien contrairement à ce qu’on croit, la politique n’aime pas les génuflexions. Je n’ai pas de gratitude à exprimer au président de la République».

Durant les 70 minutes qu’aura duré la conférence de presse de ce samedi matin, Titus Edzoa n’a pas prononcé le nom de Paul Biya ne serait-ce qu’une seule fois. Une stratégie d’autant plus apparente qu’au moins deux questions sur trois concernaient d’une manière ou d’une autre ses relations avec le chef de l’Etat. Malgré le fait qu’il semble n’avoir rien perdu de sa maîtrise de soi, l’ex-médecin personnel de Biya s’est voulu plus ferme à un moment. Un confrère lui a demandé s’il comptait rencontrer son « ami Paul Biya » dans les prochains jours. « Un président de la République n’a pas d’ami. Je n’ai donc jamais été son ami, a-t-il tenu à rectifier. J’ai été un très proche collaborateur» rien de plus.

© newsducamer.com : William Bayiha

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