Tensions sociales - Camair-co: entre craintes et espoirs

Direction générale de la Cameroon airlines corporation lundi 7 janvier 2013. Au 3ème comme au 6ème étage de l’immeuble La Rotonde à Akwa-Douala qui abrite les locaux de cette compagnie aérienne nationale, l’atmosphère est studieuse. C’est avec un sourire protocolaire qu’un étranger est reçu et conduit vers qui de droit pour répondre à ses préoccupations.

Dans les couloirs, on entend à peine ce que les employés se disent. Ils murmurent presque. Idem dans l’ascenseur où le bonjour est un peu forcé malgré le grand sourire. Dans les bureaux, il fait un silence inquiétant. Les visages sont fixés sur les écrans d’ordinateurs. D’aucuns cogitent, un stylo en main. Il y transpire comme un mot d’ordre en attendant la prise de fonction du nouveau patron des lieux. Le président de la République a nommé le 3 janvier 2013 l’ancien directeur d’exploitations, le Hollandais Mathijs Boerten, comme nouveau directeur général de l’entreprise. Un décret qui met fin à la vacance observée à ce poste depuis six mois.

Le contrat de l’ancien directeur général, Alex Van Elk était arrivé à expiration en juillet 2012 et un appel à candidatures lancé pour le remplacer. La plupart des employés rencontrés ce lundi ne veulent pas parler de cette actualité. C’est un sujet presque tabou. Face à l’insistance du reporter, d’aucuns simulent un sourire pour la persuader que tout va bien. Quelques courageux, avouent sous anonymat que la nomination du nouveau Dg était très attendu au sein de l’entreprise. Il leur était devenu très difficile d’avancer sans guide. Ils espèrent surtout qu’avec Mathijs Boerten qui a une formation de pilote, l’avion Camair-Co sortira de la zone de turbulence qu’elle connaît depuis des mois pour décoller enfin.

Au service communication de Camair-Co, l’on rassure que tout va bien. Dans le secrétariat du directeur général adjoint qui a assuré l’intérim depuis le départ d’Alex Van Elk du Cameroun pour cause de maladie, la méfiance est de taille. « La rencontre avec le Dga doit se faire de façon officielle, c’est à dire avec un mandat signé de votre patron qui atteste qu’en ce moment, vous êtes effectivement en train de discuter avec lui », renseigne la secrétaire avant de renvoyer le reporter.

Toutes choses qui portent à croire que malgré le calme apparent, les tensions persistent au sein de l’entreprise. En novembre dernier, le ministre des Transports, Robert Nkili révélait que Camair-Co est lourdement endetté et que les subventions à lui accordées par l’Etat étaient de 30 milliards Fcfa pourtant ses dépenses s’élevait à 45 milliards Fcfa. Ce malaise dans les caisses est renforcé par les mouvements d’humeurs et des démissions en cascade observées dans l’entreprise. Ce qui avait emmené le syndicat des travailleurs des transporteurs aériens à porter plainte contre l’ex-Dg Alex Van Elk en poste depuis 2010, pour détournement de deniers publics et non respect du code des marchés publics. Son compatriote hollandais qui le remplace à ce poste avait lui aussi démissionné avant juillet 2012, de son poste de directeur d’exploitations.

© Adeline TCHOUAKAK | Le Messager

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