TÉLÉPHONIE MOBILE: COMMENT MTN ET ORANGE PILLENT LES CAMEROUNAIS

Orange vs mtn

Au cours de son conseil d'administration tenu le 23 mars 2006 à Johannesburg (Afrique du Sud), le Groupe Mtn avait en effet, exprimé son désir de jouer les premiers rôles dans son secteur en Afrique.

Les chiffres de Mtn Cameroon parlent d'eux même avec 23 millions d'abonnés, 27,2 milliards de Rands de bénéfices (environ 2.388 milliards FCFA). Le conseil d'administration du groupe avait relevé que l'entreprise "a maintenu sa place de leader au sein d'un environnement commercial très compétitif et dispose d'une part de marché estimée à 54%, soit 1 248 000 d'abonnés".

La croissance du nombre d'abonnés, explique-t-on à Mtn, "est largement due au lancement de la facturation à la seconde, ainsi qu'au produit de transfert du crédit de communication, Mé2U". Toutefois, selon les responsables de la filiale camerounaise du groupe sud-africain, "le revenu moyen par abonné a baissé à 16 dollars US (8.644 FCFA) en raison du recrutement d'abonnés dont le taux d'utilisation du service est faible".

Au cours de l'exercice 2005 et conformément à sa vision qui est d'être le leader des télécommunications" dans la plupart des pays en développement, le Groupe Mtn annonce, lui, avoir procédé "avec succès", à une série d'acquisitions en Côte d'Ivoire (51%), au Zambie (100%) et au Congo-Brazzaville (100%), qui sont en train d'être consolidées, ainsi qu'en Iran (49%) et au Botswana (44%), qui sont en cours de consolidation proportionnelle en joint-ventures. Au 31 décembre 2005, déclarent les administrateurs du groupe, "ces nouvelles opérations représentaient 1,8 millions d'abonnés, soit 8% des 23,2 millions d'abonnés que compte le groupe".

Le jeudi 30 mars 2006, c'était au tour du directeur général d'Orange Cameroun d'entretenir les médias 6 Douala sur les résultats de l'entreprise qu'il gérait depuis le mois de septembre 2005. Aussi, l'implantation de cet opérateur sur l'ensemble du territoire national, ses résultats pour l'année écoulée et surtout les perspectives en termes d'investissements, avaient constitué le menu de cet entretien. Selon M. Luxcey, Orange Cameroun a réalisé un peu moins de 120 milliards de FCFA de chiffre d'affaires pour l'année 2005, avec un résultat net assez proche de 24 milliards de FCFA.

Si le directeur général d'Orange Cameroun-affirme que ce montant (chiffres d'affaires) se trouve en progression d'environ 8% par rapport à celui de l'exercice précédent, il explique cependant que le résultat, quant à lui, reste constant. L'entreprise envisageait ainsi, pour l'année 2006, d'accélérer son programme de dotation en infrastructures de télécommunication dans le cadre de l'expansion de son réseau sur l'ensemble du Cameroun, en investissant environ 38 milliards de FCFA.

Les télécommunications ont amplement contribué, directement comme indirectement, à la création de la richesse et au développement social. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Durant la dernière décennie, Orange et Mtn ont investi plus de 800 milliards de FCFA dans la construction des infrastructures. Environ 8 camerounais sur 10 vivent à portée d'un réseau de téléphonie. D'après les statistiques divulguées par les deux opérateurs privés de téléphonie mobile au 30 novembre 2010, le Cameroun comptait 9 millions d'abonnés à la téléphonie mobile contre 5.000 seulement avant la libéralisation effective du secteur.

Ces deux opérateurs, apprend-on, ont créé 2.000 emplois directs et 300.000 emplois indirects. Ces chiffres sont très éloquents. Et flatteurs même. Quand on sait que l'opérateur historique de la téléphonie fixe qui existe depuis belle lurette peine à atteindre 500.000 abonnés. Mais, si sur le plan local, l'évolution est remarquable, rendu sur le plan sous-régional, voire régional, les données changent. En effet, malgré ces chiffres flatteurs, l'on constate que le taux de pénétration de la téléphonie au Cameroun (43%) reste faible comparé à la moyenne africaine (52%), et qu'il est très en dessous de celui des pays tels que la Côte d'Ivoire (72,45%) ou le Ghana (68,98%).

En 2010, le Cameroun ne représentait que 1,6% du marché africain de la téléphonie. «Dès lors, il est incompréhensible que l'option prise en 1998 par le gouvernement de libéraliser ce secteur se soit avérée, de par les pesanteurs légales qui inhibent cette libéralisation, insuffisante pour soutenir de manière optimale le développement des télécommunications», a commenté le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) à l'issue du dîner débat du 21 avril 2011 consacré justement au développement des Télécoms au Cameroun. La problématique des infrastructures est citée comme la première cause de ce faible développement.

Ce qui est en cause c'est la nature des infrastructures utilisées. Elles sont inadaptées et très onéreuses. Le «backbone» national, pour le transport des communications entre les villes et vers l'international, est constitué en grande partie par le faisceau hertzien qui offre de très faibles capacités avec des coûts d'exploitation très élevés. Le satellite utilisé comme voie alternative est lui aussi très coûteux pour le transport interurbain des signaux de télécommunications.

Il est aujourd'hui admis par tous les acteurs du secteur que la solution au problème des infrastructures réside dans le déploiement de la fibre optique qui est de loin, le meilleur moyen de transport des communications en termes.de qualité, de capacités offertes, de coût d'exploitation et même de durée de vie. Dans la plupart des pays modernes, le développement des télécommunications est porté par la fibre optique.

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