Télécommunications: 16 employés d’Eto’o Telecoms manifestent à Yaoundé - Les précisions du Dg d’Eto’o Télecoms

Ils réclament, pour plus de 12 millions Fcfa, leurs salaires, leurs primes, leurs indemnisations de déplacement ainsi que les cautions qu’ils avaient versées au moment de leur recrutement.

«Eto’o, ton idée de créer Set’mobile était bonne. Mais nos dirigeants en ont profité pour nous arnaquer et nous exploiter. Viens à notre secours !» La pancarte brandie par un jeune homme résume à suffire la raison principale pour laquelle une quinzaine d’autres est tassée lundi 18 février 2013 devant le siège de la direction régionale de Set Télécoms pour le Centre, le Sud et l’Est. Ils sont venus réclamer des émoluments qu'ils auraient dû percevoir depuis des mois, sans succès.

Alors qu’ils manifestent en silence, un pick-up rempli d’agents des Equipes spéciales d’intervention rapide (Esir), un corps spécialisé de la police camerounaise, débarque en trombe. Selon les explications des policiers, ils ont reçu un appel de l’ambassade du Canada au Cameroun, leur signalant un mouvement d’humeur dans le secteur. Heureusement, après une heure de conciliabules sans heurts, les jeunes vont se disperser.

L’unique chose qu’ils déplorent, c’est de n’avoir pas rencontré cette fois les responsables de l’entreprise. Lors de la première manif, mercredi 13 février 2013, ils avaient pu rencontrer Albert Louis Bikélé, le directeur régional.Ce dernier les avait reçus dans son bureau et leur avait permis dans un premier temps de discuter par téléphone avec le directeur administratif et financier basé à Douala. Ce dernier leur avait demandé de faire les états financiers de leur requête. Puis le directeur général lui-même (toujours par téléphone), leur avait promis d’organiser une rencontre immédiate pour discuter posément de la situation et trouver des solutions. Mais, jusqu’à lundi matin, rien n’avait encore été fait. Ce qui a quelque peu motivé les demandeurs à descendre de nouveau devant les locaux de l’entreprise à Yaoundé.

Plus de 12 millions Fcfa

Ces 16 jeunes sont des agents recrutés en juillet 2012 pour la distribution des produits de la marque Set’mobile, un opérateur qui fait dans la téléphonie mobile virtuelle au Cameroun. Et dont le patron n’est autre que le célèbre footballeur Samuel Eto’o Fils. Au moment de leur recrutement effectué par Volcan S.A., « partenaire exclusif » de Set’mobile, il leur avait été promis des salaires mensuels nets oscillant entre 75 000 Fcfa et 125 000 Fcfa. Il était également prévu des primes de 25 000 Fcfa par mois en cas d’atteinte des objectifs, en plus de 10 à 15 000 Fcfa de surprime si les objectifs étaient dépassés à plus de 25%. Aujourd’hui, après plusieurs mois, seule une poignée reconnaît avoir touché un seul mois de salaire, quelques uns disent n’en avoir reçu que la moitié.

Résultat : ils réclament donc plus de 12 millions Fcfa à Eto’o Télécoms. Sans compter qu’ils revendiquent aussi le remboursement des cautions qu’ils avaient versées, soit un minimum de 100 000 FCfa par personne ; ainsi que les 25 000 Fcfa versés pour leur formation en conduite automobile. « On nous avait fait comprendre que c’était nécessaire car nous devions avoir des motos pour faire notre boulot. Mais, on n’a jamais vu arriver un seul moniteur pour cette formation », expliquent les revendicateurs. Plusieurs administrations ont déjà été saisies pour cette affaire. Le ministre du Travail et de la sécurité sociale, Grégoire Owona, a directement coté le dossier à son délégué régional pour le Centre afin qu’il conduise l’arrangement de l’affaire ; le président de l’Assemblée nationale, car un député est membre du conseil d’administration de Volcan S.A., le recruteur ; le préfet du Mfoundi pour préavis de grève ; et même le Premier ministre Philémon Yang pour information de la situation.

En attendant la réaction de toutes ces personnalités, et aussi celle de la direction générale d’Eto’o Télécoms qui a promis de se pencher sur ce cas, les agents contestataires affirment qu’ils continueront sur cette lancée. « Si nous ne sommes pas payés, nous continuerons à manifester. Et nous irons jusqu’à la grève de la faim car il est évident que leur objectif est de nous affamer », promettent-ils en chœur. Mais, ils ont néanmoins un autre bien grand espoir : l’intervention personnelle de Samuel Eto’o Fils dans la régularisation de leur situation, « car c’est à cause de son nom que nous nous sommes engagés dans ce business ». Les autorités et les dirigeants de l’entreprise devraient en tout cas se pencher sérieusement sur leur cas. Les manifestations n’ont-ils pas écrit sur une de leurs pancartes :« Nos cautions et nos salaires ou la mort » ?

Alain NOAH AWANA

Entreprise: Les précisions du Dg d’Eto’o Télecoms

Hervé Perrin, le nouveau directeur a donné un point de presse hier mardi 18 février 2013 au siège de l’entreprise de téléphonie à Douala pour lever les équivoques qui peuvent naître dans l’esprit du public.

Hier mardi 18 février 2013, des employés d’un partenaire dénommé Volcan, l’un des tops distributeurs ont manifesté devant les locaux d’Eto’o Télécoms à Yaoundé. Pour revendiquer leurs salaires. Cette manifestation survient après une autre qui a eu lieu la semaine dernière, selon Me Gabriel Kaldjob, représentant du Pca. Dans la logique de lever les équivoques pouvant naître dans l’esprit des Camerounais à la suite de ce mouvement d’humeur, la direction d’Eto’o Télécoms a rencontré les Hommes de média à son siège à l’immeuble Elizabeth, au quartier Koumassi à Douala. Hervé Perrin à la tête de Eto’o Télécoms, en remplacement de Jean-Bosco Massoma, qui a assuré l’intérim de la direction générale, depuis le départ de Charles Guéret en septembre 2012 s’est voulu on ne peut plus précis.

« Il s’agit des employés d’un partenaire et non de notre société. Il ne faut pas faire la confusion. Nous ne pouvons pas honorer aux engagements pris par l’employeur de ces personnes qui manifestent devant nos installations », a-t-il fulminé. Non sans promettre qu’il s’engage néanmoins à rencontrer ce partenaire dans 48 heures. Emboîtant le pas, Me Gabriel Kaldjob, représentant du Pca affirme ne pas devoir un seul kopeck à ce partenaire qui ne devra s’en prendre qu’à lui-même. « Volcan est un distributeur des produits de Set’mobile. Il a des employés et des avantages que nous lui avons accordés. Il doit assurer ses charges par rapport à ses employés. Nous n’avons aucun arriéré avec ce partenaire. Nous lui avons accordé des facilitations énormes.

D’ailleurs, je puis vous dire que son compte auprès de nous est débiteur », dit-il. Pour la direction de l’entreprise, tous ses agissements n’engagent pas Set ‘mobile. Qui «manœuvre tout simplement pour faire pression sur la personne du Pca ». Pendant le point de presse, le nouveau Dg, arrivé le 2 janvier 2013, affirme vouloir repositionner l’entreprise. Pour l’instant, il devra tout d’abord se résoudre à avoir tous les dessous des dossiers qu’il a trouvés sur sa table. Notamment le différend commercial avec ses partenaires, l’instabilité du management, les départs en cascade, les offres commerciales pas toujours bien comprises, etc.

Très prudent au cours des échanges, il s’est refusé de dévoiler sa stratégie. Toutefois, « Nous sommes toujours dans une phase de réorganisation, de relance, pour être plus proche du consommateur, en vue de répondre à ses besoins, indique-t-il. Pour cela, il faut de la flexibilité, de la proximité. L’offre doit être intéressante. On doit s’attaquer à des marchés niches», confie un Hervé Perrin confiant et annonçant dans les prochains jours, le positionnement de Set Mobile. Lequel, assure le nouveau directeur général va être différent. Avec évidemment une approche - marché, une cible différente. Attendons de voir….

Blaise-Pascal Dassié

© Alain NOAH AWANA, Blaise-Pascal Dassié | Le Messager

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