Sûreté nationale: Gardé à vue, un policier se donne la mort en cellule à Bafoussam

Le gardien de la paix de 1er grade s’est suicidé à l’aide des lacets de ses souliers. Il était accusé de vol. Un comportement en totale déphasage avec l’éthique et les instructions de Mbarga Nguélé, le délégué général à la Sûreté nationale, en vue de l’assainissement de notre police. Paulin Placide Nkou Nana, 22 ans, gardien de la paix, premier grade, en service au groupement mobile d’intervention(Gmi) n°3 à Bafoussam a été trouvé mort dans la matinée du 04 janvier 2013 dans une cellule du commissariat central de Bafoussam.

Selon des sources dignes de foi, il s’est pendu. Ce que ne dément pas le commissaire de police Ebode du service régional du contrôle des services de la police des polices. Pour ce haut gradé de la Sûreté nationale, l’infortuné s’est pendu dans la nuit du 3 au 4 janvier 2013. D’autres sources policières font savoir qu’il se trouvait seul dans sa cellule. Les mêmes informateurs font savoir qu’il se serait servi des lacets de ses souliers pour écourter sa vie. Pour l’instant aucune source n’infirme ni ne confirme si le policier en question a été torturé ou pas. Mais la peur d’être déféré chez le procureur de la République près des tribunaux de Bafoussam et les conséquences désastreuses sur sa carrière l’ont-ils fait oublier sa présomption d’innocence tant qu’il n’a pas été déclaré coupable par un tribunal régulièrement réuni et statuant en dernier ressort ?

Recrutement douteux ?

Accusé de vol, il y était gardé à vue depuis le 02 janvier 2013, sur instruction du responsable du service régional du contrôle des services, une espèce de police des polices. Une unité saisie à la suite de multiples forfaits qu’aurait commis le gardien de la paix Paulin Placide Nkou. Car il se pourrait que lors de son audition, il a avoué avoir soustrait une moto de la fourrière du commissariat central de Bafoussam. De même, il se pourrait que l’infortuné ait été suspecté d’être l’auteur du vol d’un tapis appartenant à l’un de ses collègues.

Pire, il se pourrait que ce jeune policier sorti de l’école en 2011, « a, en une année d’exercice, été impliqué dans trois histoires de vol à main armée et de protection des voleurs.» Un soupçon qui, selon Emmanuel T, directeur d’école primaire à Bafoussam, pourrait s’étendre à plusieurs éléments en service dans certaines unités de police de la République. « Les fonctionnaires du corps de la police ont été gratifiés récemment de quelques avantages par le Chef de l’Etat.

Leur âge de départ à la retraite a été augmenté. De même que leur rémunération a été légèrement revue à la hausse », rappelle-t-il. Avant de nuancer : « Si ce policier était bien payé, il n’aurait pas volé ». Ce qui pousse à s’interroger sur le sort du rappel du gardien de la paix en question. L’aurait-il déjà touché ? Si oui, cet argent a-t-il servi à huiler le réseau par lequel il serait entré au centre d’instruction de la police camerounaise à Mutenguené ? Autant de questions qui remettent en cause la moralité des personnes chargées du contrôle des moralités lors des différents recrutements dans la police nationale.

Alors que depuis quelques temps, le délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguelé, a fait de l’assainissement du comportement des policiers camerounais, tout grade confondu, une priorité absolue.

© Guy Modeste DZUDIE | Le Messager

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