Supercherie: Paul Biya et Ni John Fru Ndi sont-ils véritablement bilingues?

La semaine nationale du bilinguisme a démarré lundi le 28 janvier et se clôture ce vendredi 1er février 2013. En aval comme en amont le bilinguisme demeure un véritable labyrinthe au Cameroun.

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Comment parler du bilinguisme au Cameroun quand au sommet cette notion relève de l’imaginaire. Chaque année l’on commémore la semaine nationale du bilinguisme sur des thèmes divers, mais le constat en pratique reste le même. Il est difficile pour un même locuteur de parler anglais et français. Pour preuve, Paul Biya le Chef de l’Etat et Ni John Fru Ndi du Social Democratic Front, deux hommes politiques emblématiques qui peinent à s’exprimer en public en ces deux langues officielles.

La prolifération des établissements bilingues au primaire et secondaire dans les grandes métropoles du pays ne garantissent toujours pas la pratique du bilinguisme. Dans ces écoles, le nombre d’enseignants en anglais est insuffisant. Le français a toujours un ascendant sur la langue de Shakespeare. L’usage de ces deux langues n’est visible premièrement que dans le journal officiel où les textes et décrets sont publiés en français et en anglais. Ensuite, dans les centres linguistiques, les écoles bilingues. Plutôt que l’anglais, le pidgin est le langage très usité par les francophones.

Dans les marchés, restaurants, buvettes, on entend des Camerounais s’exprimer ainsi. Pourtant ce n’est pas ce que percevait le premier Président de la République. « Par bilinguisme, nous entendons l’usage de nos deux langues officielles, le français et l’anglais, sur toute l’étendue du territoire », ainsi s’exprimait-il, dans son discours d’inauguration du Lycée bilingue de Molyko- Buea en 1963. Aux premières heures de la Réunification, on n’avait fait du bilinguisme qu’une politique centrée sur la pratique des deux langues pour faciliter la communication entre anglophones et francophones.

En outre, Ahmadou Ahidjo dans son discours d’inauguration du Lycée bilingue de Yaoundé le 24 juin 1977 avait réitéré que des actions plus vigoureuses devaient conduire à une plus grande pénétration du bilinguisme dans les habitudes et au modelage d’une culture nationale originale. Dans certains établissements scolaires, des campagnes d’affichages contre le pidgin (mélange d’Anglais, français et de dialectes) ont été initiées sans suivi. C’est ainsi que le pidgin a pris de l’ampleur dans la rue.

Pendant que les Anglophones fournissent des efforts pour parler le français, sans gêne des railleries, les Francophones partisans du moindre effort, de la paresse et du désordre font usage du pidgin. Depuis le 28 octobre 2002, la journée du bilinguisme est célébrée le premier vendredi de chaque mois de février au cours de la semaine de la jeunesse. Une bonne initiative car quoi qu’on dise ou que l’on fasse l’anglais est devenu une langue commerciale et la plus parlée dans le monde. Un citoyen gagnerait à être bilingue pour son épanouissement voire sa réussite professionnelle.

© Linda Mbiapa | Aurore Plus

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Date de dernière mise à jour : 01/02/2013