Suicide: «Malchanceux», il se jette dans le Wouri

Le témoin du drame n’en revient toujours pas. Il est resté un moment agrippé au garde-fou qui longe le pont du Wouri. Effaré par ce qu’il venait de vivre. En fait, il a assisté, en direct et impuissant, au suicide d’un jeune homme. Après s’être jeté dans le fleuve, la victime, qui s’estimait victime du mauvais sort, fera des adieux d’un signe de la main avant d’être englouti par les eaux.

Quelques instants plus tard, c’est un témoin encore sous le choc qui relate les faits aux gendarmes de la brigade de Deido, située tout juste à l’entrée du pont du Wouri. D’après Pierre, la tragédie est survenue aux environs de 9h. Ce vendredi matin, il est en train de marcher le long du pont, venant de Bonabéri.

Quand soudain, à une centaine de mètres devant lui, au beau milieu de la passerelle, il aperçoit un jeune homme se dévêtir. Complètement. Il croit alors avoir à faire à un malade mental, que non! L’homme a des gestes précis. Après s’être déshabillé, il dépose soigneusement ses vêtements sur le sol. « Il a directement enjambé la rambarde du pont, fait un signe de croix et s’est jeté dans le fleuve », explique le témoin aux forces de l’ordre. La victime nagera quelques instants, puis disparaîtra dans les eaux froides.

En fouillant dans ses affaires, les enquêteurs retrouvent sa carte nationale d’identité et surtout une longue lettre écrite en anglais. La victime, un certain Tim Yuh, né à Bamenda en 1983, y raconte ses déboires en expliquant son geste désespéré. Selon ses écrits, il s’agit d’un malchanceux, détesté dans sa famille.

Depuis sa tendre enfance, ses proches passaient le temps à l’insulter, à l’humilier et aujourd’hui, il est traité de sidéen. Il n’en peut plus de ces injures qui se multiplient au fil du temps. La vie est devenue insupportable, tout ce qu’il entreprend se solde toujours par un échec. Il y a une fin pour tout, il préfère en finir avec la vie…

© Josy MAUGER | Cameroon Tribune

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