Sommet Ceeac-Cédeao-Cgc: Michel Djotodia indésirable à Yaoundé

L’homme fort de la République centrafricaine est le seul chef d’Etat de la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cémac) qui n’a pas été convié par le Cameroun au sommet des chefs d’Etat sur la sécurité du Golfe de Guinée.

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Paul Biya refuse d’adouber l’ex-rebelle au pouvoir en République centrafricaine. «On ne veut pas. On ne veut pas de lui pour l’instant», se confie sous le sceau de l’anonymat, au Messager, un diplomate camerounais en poste au ministère des Relations extérieures. Le fonctionnaire ayant pris part aux travaux préparatoires du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cééac), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de la Commission du Golfe de Guinée (Cgg) sur «la sûreté et la sécurité maritimes dans le Golfe de Guinée» ajoute que le président de transition de Centrafrique n’a pas du tout été convié à ces assises. Comme lui, d’autres personnalités proches du dossier soulignent à grand trait le fait que le nouveau régime de Bangui n’a pas encore été reconnu par l’Union africaine pour justifier qu’il ne soit pas attendu dans la capitale camerounaise.

Ce qui laisse croire que Yaoundé a donc choisi une position principielle qui est celle de s’aligner derrière les choix de l’Ua qui, dans le cas d’espèce, tarde à adouber Michel Djotodia. Sauf que selon d’autres sources crédibles, ce refus d’accueillir l’ex-rebelle à Yaoundé irait bien au-delà de la simple volonté de suivre dans sa démarche, l’organisation supranationale. C’est le président Biya en personne qui rechignerait en ce moment à recevoir son « homologue » de la frontière Est du Cameroun.

« Michel Djotodia a bien été reçu par Ali Bongo à Libreville à l’occasion de la conférence des chefs d’Etat de la Cémac sans se faire taper sur les doigts par l’Ua. Je crois que le président Biya ne veut pas voir Michel Djotodia. C’est tout », commente cette source ayant ses habitudes dans les milieux du protocole d’Etat. Comme elle, nombre d’observateurs notent que l’ancien chef rebelle au pouvoir en Centrafrique a déjà fait le tour de la région Cemac sans pouvoir faire l’escale de Yaoundé. Ce, malgré l’intercession des présidents tchadien et équato-guinéen auprès de leur homologue camerounais. Niet! Paul Biya n’a pas bougé d’un iota.

Non seulement, le président camerounais n’a pas consenti à participer au sommet des chefs d’Etat de la Cemac, le 14 juin dernier, évitant de croiser le chemin de Michel Djotodia, le Cameroun a réussi à manœuvrer pour ne pas inviter dans sa capitale, le chef du régime centrafricain alors que de fait et de droit ce pays est concerné par ces assises. La position de Yaoundé est donc clairement exprimée : seule l’organisation d’élections pourrait valoir au régime de Bangui les grâces de son voisin.

En sus de ces informations de coulisses, l’on pourrait noter comme marqueur important de ce que Michel Djotodia est persona non grata au Cameroun, le fait que le site Internet de l’évènement mis en ligne par le gouvernement camerounais annonce l’arrivée à Yaoundé de 24 chefs d’Etat membres de la Cééac, de la Cédéao et de la Cgg. Dans la rubrique où sont diffusées les photos de ces chefs d’Etats, ne figure pas celle de Michel Djotodia et même pas celle d’un représentant de haut niveau de ce pays dont aucun ministre n’a participé à aucun des évènements réunissant durant le Week-end, des ministres des régions concernées. Michel Djotodia ou un de ses émissaires devra encore attendre pour fouler le sol de Yaoundé.

© Rodrigue N. TONGUE | Le Messager

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