Sodecoton: Les dessous de l'affaire Iya Mohammed

De retour nuitamment de Lomé au Togo, où les Lions indomptables affrontaient les Eperviers dans le cadre de la quatrième journée des éliminatoires de la Coupe du monde Brésil 2014, le Président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), a été, très tôt lundi 10 juin, à Yaoundé, interpellé comme un vulgaire voyou.

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De retour nuitamment de Lomé au Togo, où les Lions indomptables affrontaient les Eperviers dans le cadre de la quatrième journée des éliminatoires de la Coupe du monde Brésil 2014, le Président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), a été, très tôt lundi 10 juin, à Yaoundé, interpellé comme un vulgaire voyou. Et conduit, manu militari, dans une cellule infeste du Secrétariat d'Etat à la Défense chargé de la gendarmerie (Sed). Le prétexte précipitamment fabriqué, est la «mauvaise gestion» de la Société de développement de coton (Sodecoton), entreprise parapublique dont il est par ailleurs, le Directeur Général depuis environ trois décennies. La basse manœuvre est toute trouvée. Pour n'avoir rien à dire quant à sa gestion du côté de Tsinga, siège de la Fécafoot, il faut aller par tous les moyens, fouiner dans les poubelles à Garoua. Objectif, débarquer le nordiste de la Fécafoot et s'en mettre plein les poches.

Le moment est inédit et entrera sans aucun doute dans l'histoire. Iya Mohammed arrêté et incarcéré dans une cellule du Sed. On voyait en effet comment se dessinait lentement, la chute de ce dirigeant à cause d'un complot monté de toutes pièces, par ses adversaires tapis dans l'ombre au sein des différentes structures dont il a la charge de présider aux destinées depuis. Iya Mohammed est victime d'un tacle irrégulier de la part du Contrôle supérieur de l'Etat (Consupe) alors qu'il courait balle au pied, vers un plébiscite à la présidence de la Fécafoot. C’est le sentiment le plus partagé depuis le 29 mars dernier. Ce jour-là, le Consupe sous la plume du Ministre délégué Eyebe Ayissi, publiait un communiqué dont les principaux termes sont: «Le Conseil a retenu, l'encontre de [M. Iya Mohammed, Dg de la Sodecoton] vingt (20) fautes de gestion ayant induit un préjudice financier évalué et à lui imputé. (...)

Le Conseil a décidé: - de constituer M. Iya Mohammed débiteur envers ladite entité de la somme de 9 052 078 692 (neuf milliards cinquante-deux millions soixante-dix-huit mille six cent quatre-vingt-douze) FCFA, représentant le préjudice financier subi par la susdite entité, de son fait; - de lui infliger une amende spéciale de 2 000.000 (deux millions) de FCFA, pour l'ensemble des fautes de gestion commises, dans le cadre de la présente affaire». Et le communiqué d'enfoncer le clou, confirmant ainsi la thèse d'une épuration menée contre la personne d'Iya Mohammed: «prononce à son endroit une déchéance valant interdiction, pour une durée de sept (07) ans, d'être responsable de l'administration ou de la gestion des Services publics ou des Entreprises d'Etat, à quelque titre que ce soit». C'est quoi la «faute de gestion» dont parle le Consupe? On a beau lire et relire le communiqué qu'on ne tirera aucune précision de plus sur ces fameuses fautes de gestion.

Une curiosité, quand on sait que les finances de la société sont tenues par le Directeur Général adjoint, actuellement Henri Clavier, un expatrié français représentant le groupe Cfdt, deuxième actionnaire de la société. Pourquoi ce dernier n'est pas entendu sur les mêmes prétendues fautes de gestions? Question à un sou. Cependant, on en apprend que la gestion de la Sodecoton durant la période 2005 à 2010 a été passée au peigne fin par les inspecteurs d'Etat. C'est leur rapport qui a donné lieu à la session du 27 mars 2013, laquelle s'est soldée par le verdict, partial, que l'on connait. Partial parce qu'aucun passage du communiqué ne fait mention des arguments de défense, produits par le Directeur Général de la Sodecoton. Curieuse affaire, les mêmes fautes de gestion ont été attribuées à Gervais Mendo Ze et Jean-Jacques Ndoudoumou. Tous les deux sont libres. Bien plus, M. Ndoudoumou trône en ce moment à la tête d'une fédération sportive. N'est-ce pas là une politique deux poids deux mesures? Le Conseil d'administration. Gardé à vue au Secrétariat d'Etat à la Défense, Iya Mohammed a été entendu, en présence de son Avocat, lundi et mardi par un Juge d'instruction.

De sources concordantes, sept chefs d'accusation sont retenus contre le patron du football camerounais au terme de cette audition notamment, un détournement de dénier public à la Sodecoton. Des observateurs ne manquent pas de faire savoir que faute de gestion ne veut pas dire malversations financières. La procédure entachée d'irrégularités démontre parfaitement que, le Dg de la Sodecoton va bientôt faire face à un procès kafkaïen. L'acharnement du Consupe contraste avec la vision du Conseil d'administration de la Sodecoton. Les administrateurs ont eux, au cours d'une cession tenue le 23 mai dernier, une fois de plus apprécié le bon fonctionnement de la société au cours de l'exercice 2012, ainsi que la clarté des documents présentés qui ont facilité le déroulement des travaux. C'est peu de dire que ces sourcilleux administrateurs n'ont rien trouvé de louche, ni en 2012 ni même au cours de la période 2005 à ¬2010, auquel le rapport du Consupe fait référence. Les archives sont encore là pour en attester.

Le communiqué signé de Gambo Haman, Président dudit Conseil, indique par ailleurs que les comptes de l'exercice 2012 se traduisent par un résultat net bénéficiaire en augmentation de 5,681 milliards de FCFA en 2012 contre 5,385 milliards en 2011. Ceci malgré le soutien apporté aux planteurs locaux dans l'acquisition des intrants agricoles, notamment les engrais, dont le prix de cession est subventionné à hauteur de 2,677 milliards de FCFA, ainsi que l'appui à la filière, à travers le fonds de gestion du risque prix de la filière coton camerounaise (Fgrpcc), et dont le montant s'est établi cette année à 925 millions de FCFA. Aussi, les administrateurs ont-ils adressé leurs félicitations à la Direction générale qui, dans la foulée, a été appelée à poursuivre «l'amélioration de la rentabilité de l'entreprise».

© René Atangana | La Météo

Commentaires (1)

1. Mohamed said 13/06/2013

tribalisme

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