SITUATION EXPLOSIVE AU RDPC À NKONGSAMBA IIIE :

nsambalais-copie-1.jpgUne délégation conduite par le président de la section Rdpc du Moungo Nord a été reçue le 22 octobre dernier au Comité central. Elle conteste l’élection d’Elise Henriette Essame, reconduite au poste de maire.

Le rapport déposé sur la table du Comité central lundi dernier par El Hadj Oumarou, président de la section Rdpc de Moungo Nord, accuse Elise Essame d’avoir ignoré les prescriptions du secrétaire général du Comité central. Alors que les équipes locales du parti l’avait déjà écartée de la course à sa propre succession au terme d’une séance de conciliation, la dame a réussi le tour de force de se faire élire quand même. Explications. La lettre-circulaire signée par Jean Nkuété le 11 octobre demandait aux membres des conseils municipaux dominés par le parti au pouvoir de procéder au choix des exécutifs d’une manière consensuelle. Pour ce faire, une première réunion devait être organisée autour du mandataire du Comité central afin de savoir la ligne de conduite à tenir par les conseillers lors de la session de plein droit proprement dite.

Au cours de cette rencontre interne, un «vote blanc» a été organisé. L’unique enjeu en était d’identifier les candidats potentiels et d’élire celui qui devait finalement porter les couleurs du parti devant le préfet le 16 octobre en vue d’être «désigné» maire. Dans le cas de Nkongsamba IIIe, la séance de travail préliminaire a eu lieu le 15 octobre. Et en se rendant à l’élection du maire le lendemain, l’opinion avertie au sein du parti savait déjà qu’Yvonne Eyidi, naguère adjointe à la maire dans l’équipe sortante et présidente de sous-section, remplacerait madame Essame. Battue en interne, celle-ci a déjà alors accepté non sans fair-play sa défaite.

Quelle n’est donc pas la surprise des hiérarques du parti de la revoir lever le bras lorsque le préfet demande aux conseillers celui qui veut être maire. Ce coup de théâtre a eu le don d’entraîner des tractations sans fin. Finalement les travaux de la session de plein droit ont été ajournés pour le 21 octobre dernier. Question de peaufiner les consultations en vue d’asseoir définitivement le consensus. Le maire sortant mis en minorité par le parti a réussi à «convaincre» 15 conseillers municipaux sur 25 de siéger le 19 octobre. Avec 60% des effectifs, elle a pu se faire élire.

Mari et femme

Si la mécanique montée par la désormais maire de Nkongsamba IIIe semble avoir fonctionné, il reste que ses victimes comptent bien lui faire payer cette infidélité. El Hadj Oumarou bien entendu qui tient à faire respecter les termes de la circulaire de leur président national. Mais aussi les chefs de la communauté Baneka qui disent exprimer la frustration d’une partie de la population «autochtone» de la ville cosmopolite de Nkongsamba. Le 21 octobre dernier, ils étaient 9 chefs traditionnels à effectuer le déplacement d Yaoundé, sous la conduite de sa majesté Henri Epanda, chef supérieur de Baneka, pour exprimer leur courroux. En effet, ils font valoir qu’au-delà des querelles internes au Rdpc, aucun membre de leur communauté n’a pu se hisser à la tête de l’une des trois communes d’arrondissement dirigées par le parti.

Selon eux, le passage en force de madame Essame, s’il reste impuni, risque d’être analysé par les populations comme un mépris de la part du parti au pouvoir, ce d’autant plus qu’à côté de la favorite, Yvonne Eyidi, le chef Christian Ewane par ailleurs vice-président de section Rdpc, a lui aussi été mis sur la touche. D’ailleurs, des opinions informées confirment qu’aucun membre de cette communauté ne figure dans le nouvel exécutif conduit par la militante dissidente.

La question de la «composante sociologique» n’est pourtant qu’un point parmi tant d’autres griefs qui militent contre le mandat du maire sortant en poste. Il y a aussi le cumul des fonctions et des titres. Quand elle ne fait pas la politique, l’ancienne proviseur de lycée est déléguée régionale de l’Education de base pour le Littoral. Par-dessus tout peut-être, le détail qui cristallise les positions des requérants est que madame Henriette Elise Mboula est l’épouse de Joseph Ernest Essame. Celui-ci a non seulement été député le 30 septembre dernier mais c’est lui qui a cédé sa place à madame en 2007.

Face à l’indiscipline Le Rdpc a les mains liées

Après les investitures houleuses enregistrées au Rdpc et la débandade qui a fait suite à l’élection des maires lors des différentes sessions de plein droit à l’intérieur des conseils municipaux où le Rdpc est majoritaire, le parti au pouvoir semble impuissant à exorciser les démons de la division. Les missions de conciliation et les mises en garde n’y font rien. Les cas d’indiscipline ne peuvent pas indéfiniment être tolérés, a averti Jean Nkueté avant de préciser que le président national a pris la résolution de frapper les fauteurs de troubles. Mais l’indiscipline a la peau dure dans le peuple des militants.

Du point de vue des textes, le parti peut sanctionner ceux qui sortent des rangs, certes. Mais les personnalités lésées doutent de sa capacité à organiser les commissions de discipline capables de prononcer des sanctions dissuasives comme la radiation. Quand bien même celles-ci seraient prononcées à l’encontre des militants récalcitrants, que peut faire le Comité central ? Rien, dans l’immédiat. Impossible que l’exclusion ait des conséquences sur sa qualité de maire. La Constitution de 1996 précise désormais que tout mandat impératif est nul. En d’autres termes, après les élections, le parti n’a plus d’influence sur l’élu. Cette observation vaut aussi pour le Rdpc.

© La Nouvelle Expression : William Bayiha

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