Sitrafer: La grève suspendue

Réveil difficile pour les employés de Sitrafer hier matin. La détermination se lit sur les visages des agents en grève de cette entreprise sous-traitante de Camrail, affalés à même le ballast sur une zone du chemin de fer située en dessous du polit d'Elig-Edzoa à Yaoundé. La nuit a été longue, le sommeil léger. C'est avec les yeux rougis par la fatigue que ces employés privés de salaire depuis sept mois se sont réveillés hier matin.

Le jour s'est levé, mais les problèmes ne se sont pas envolés, du moins en partie. Lundi, des négociations poussées jusque tard dans la nuit entre les représentants de leur syndicat, ceux de la Camrail et le ministre du Travail ont permis de lâcher deux mois d'arriérés sur les sept impayés. En attendant le déblocage du salaire restant, la « bataille» se poursuit. Sur les pancartes, des messages durs à l’encontre des dirigeants de Sitrafer traduisent la détermination de ces travailleurs. « Nous avons dormi toute la nuit ici, mais malgré tout, nous avons laissé passer un train couchette en direction de Ngaoundéré, lundi vers 23h », explique Vincent Melingui, président du Syndicat national des travailleurs de la maintenance ferroviaire (Synatramfer). Un moment difficile à vivre pour ces hommes, revigorés par la visite du président de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun, Zambo Amougou. « Cela prouve que nous sommes entendus: Nous le faisons pour les plus de 400 employés de Sitrafer et pour nos familles », a déclaré-un ouvrier pour justifier sa présence. Toute la journée de lundi et jusqu'à hier matin, la césure du chemin de fer a empêché la circulation des trains entre Yaoundé et Ngaoundéré.

De quoi provoquer la colère des voyageurs, irrités à la vue du communiqué de la Camrail plaqué contre les grilles. Plusieurs d'entre eux ont fait des réservations pour voyager dans la matinée. «Ils savaient ce qu'il en était mais ils nous ont quand même vendu les billets. Ils n'ont qu'à nous rembourser », s'est plaint un voyageur.

D'autres se sont montrés plus solidaires. « Il faut les comprendre. Sept mois sans salaire! Je n'imagine même pas », a lancé un monsieur avant de s'en aller. Comme le reste, il a reporté son voyage. Si les trajets vers le Nord étaient interrompus avant la suspension de grève intervenue plus tard dans la journée après qu'un accord a été trouvé les voyages entre Yaoundé et Douala se sont déroulés eux sans opposition. Mais les employés de Sitrafer ont prévenu, ils remettront ça si les pourparlers n'aboutissent pas à une solution concrète ce jeudi.

© Monica NKODO | Cameroon Tribune

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau