SI WO MAYOO MAMAN : BANGOU PORTE LE DEUIL DE ROSETTE BOUTCHOUANG

BangouRosette boutchouang, maire de Bangou, mère de chantal Biya et belle mere de Paul Biya est décédée en Afrique du Sud. Depuis l’annonce de cette triste nouvelle par le cabinet civil de la présidence, Bangou porte le deuil. A la manière des peuples des « grassfield » de l’ouest Cameroun. En cette matinée de Dimanche 5 octobre, Bangou ne s’est pas encore remise du choc de l’annonce de cette nouvelle. La ville est déserte, un silence de recueillement y règne.

Quelque badauds vont et viennent ils ignorent tout de cette triste nouvelle, ils savent que la mère a voyagé. La mairie est fermée, Cinq jours après l’annonce officielle du décès du maire, aucun communiqué sur le babillard. Le chef de poste forestier qui passe par là nous confie « C’est un sentiment de tristesse qui nous anime. Nous sommes bouleversés par le décès de notre maire. Elle était aussi notre mère » Plus loin vers la sous préfecture, on observe un timide défilé des enseignants en cette journée du 5 octobre à eux dédiée. Eux, d’habitude loquaces ont perdus leur latin au sujet du décès de leur maire, se contentant d’un laconique « nous attendons le programme de ses obsèques » Sur la tribune, on note la présence des autorités administratives et les forces de maintient de l’ordre. Le silence est de mise et les mines défoncées.

 Bangou porte le deuil.

Bangou est en deuil. Le village a perdu son Maire, sa mère, son épouse et surtout sa reine mère. L’alerte a été donnée et les consignes sont strictes : en signe de deuil, il est interdit aux populations de cueillir une moindre feuille ni d’aller au champ. Concrètement, comment se dérouleront les obsèques de la reine « Mafo » ? Que prévoit la tradition chez les Badenkop, village d’origine de Boutchouang, l’époux de la défunte ?

Le spécialiste de « l’huile et du sel » dans la coutume de la localité ainsi que des jeunes que nous avons rencontrés sont prudents et peu bavards sur le sujet. Il faut garder le silence en attendant que l’annonce officielle soit faite par le chef. Au demeurant, « le décès de la reine Mafo et l’organisation de ses obsèques incombe au chef et ses neuf notables ». Et puis surtout nous confiera l’homme de « l’huile et du sel », en tant que reine mère, elle appartient à la chefferie et,

, elle devrait être enterrée à la chefferie. Un autre patriarche précise « Elle était notre femme, nous organiseront ses obsèques suivant nos us et coutumes en accord avec la belle famille »

Finalement, quel héritage laisse le Maire de Bangou ? Toutes les rues sont bitumées, l’eau et l’électricité pour tous. En plus, dit-on ici, en raison de sa proximité avec la famille présidentielle, elle représentait l’espoir de tout un peuple. Un espoir sans doute brisé par son départ. Seulement, tout espoir n’est pas perdu. En attendant, partout à Bangou on dit si wo mayoo maman !

© Camer.be : Ben BATANA et Flore Honga

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