Sérail: Paul Biya réaménagera son gouvernement avant la mise en place du Sénat

Le Sénat qui était un rêve au Cameroun, est devenu une réalité il y a quelques jours, quand la Cour suprême siégeant en lieu et place du Conseil constitutionnel, proclamait les résultats des élections sénatoriales du 14 Avril 2013.

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Décryptage

Le Sénat qui était un rêve au Cameroun, est devenu une réalité il y a quelques jours, quand la Cour suprême siégeant en lieu et place du Conseil constitutionnel, proclamait les résultats des élections sénatoriales du 14 Avril 2013. Au-delà du fait que les résultats attendus étaient confirmés par ELECAM et la Cour suprême, ce jour-là, la pléiade des membres du gouvernement présents dans la salle, présageait plutôt une lueur d'inquiétudes et d'anxiété quand à la suite des décrets que prépare le Chef de l'Etat Paul Biya dans les prochains jours.

En l'occurrence, les 30 Sénateurs pour compléter les 70 élus, le Président du Sénat et son vice, les régionales, et la Cour constitutionnelle. Face donc à cette flopée de dossiers posés sur la table du Chef de l'Etat, une interrogation se pose: Paul Biya doit-il d'abord remanier son gouvernement? Une question par expérience qui trouve sa réponse dans le fait que, le Président de la République depuis son accession à la magistrature suprême le 06 Novembre 1982 avait pris l'habitude de retoucher son appareil gouvernemental après chaque 02 ans et pour les cas spéciaux 01 an ou 06 mois.

Dans le cas actuel, le récent remaniement post-electoral du 09 Décembre 2011 accompagné des feuilles de route imposées aux heureux élus, était parti pour 06 mois, renouvelé encore en Juin 2012. Il y a donc sans dire que le Chef de l'Etat dans les prochains jours, demandera les comptes à ses collaborateurs dans le cadre d'un réaménagement du gouvernement dont le point de mire sera les deux élections municipales et législatives.

Cependant, certains caciques du régime ayant longtemps servi la nation, pourront se retrouver contre toute attente à l'intérieur de la Chambre Haute pour faire partie du grand univers des décisions du pays. En l'occurrence de Bello Bouba Maïgari dont l'alliance avec le RDPC connaît des tournants difficiles depuis les sénatoriales, Amadou Ali rattrapé par ses frasques du temps où il était Ministre de la Justice, Paul Biya pourrait l'envoyer se reposer au Sénat. Bapes Bapes longtemps resté aux enseignements secondaires, pourra connaître une retraite reposante à la Chambre Haute, Laurent Esso cheville ouvrière du RDPC dans le Littoral pourrait devenir Président de la Chambre Haute et la liste est loin d'être exhaustive.

Nous n'oublions pas l'éventuelle innovation dans les rangs de 100 Sénateurs, celle de Franck Emmanuel Biya, dont l'urgence d'utilisation dans l'appareil gouvernemental s'impose et ne saura subir d'aucune contestation par rapport à son âge, sa valeur intrinsèque, sa modestie, sa position et que savons nous encore. Et tant que les marabouts et les charlatans se sucent les doigts parce que consultés par les Ministres qui ne veulent pas quitter les affaires, Popol les guette.

© Alex Zambo | L'Epervier

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