Sénatoriales 2013: Biya disqualifie la candidature de Cavaye

Le président national du Rdpc a biffé le nom du Pan ainsi que celui de tous les députés qui étaient candidats à la candidature...

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Sénatoriales: Paul Biya écarte Cavaye

Le président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a biffé le nom du président de l’Assemblée nationale parmi les personnalités investies par le parti.

Le Pan est hors course avec tous les députés du Rdpc. Cavaye a-t-il violé le « Code Biya ? », s’interrogeait à la Une notre confrère Le Jour. Dans le sérail, beaucoup pensent que « oui ». Et pour l’avoir fait, estiment les mêmes sources, le président de la République a dit « non » pour la première fois depuis 21 ans à l’inamovible président de l’Assemblée nationale depuis le retour du multipartisme au sein du Parlement.

Car d’après les informations recueillies à bonnes sources, le Pan avait sollicité comme d’habitude avant la session de mars de chaque année de la chambre basse, « l’autorisation du président à présenter sa candidature au perchoir ». Ses proches que Le Messager a pu joindre affirment que la réponse à cette demande n’a jamais été formelle. Et donc que n’ayant pas eu une réaction négative du chef de l’Etat à sa demande, il a considéré que c’était un «oui » tacite comme d’habitude. Mais il a appris a ses dépens, la mauvaise nouvelle, en même temps que le landerneau politique qui a fortement été secoué mercredi tard dans la nuit lorsque des nouvelles provenant du palais de l’Unité le donnaient recalé ainsi que les Martin Oyono, Sali Daïrou … et les autres députés candidats à la candidature au sein du parti du flambeau.

Il n’y aura pas donc eu d’exception Cavaye. La règle non écrite et interne au Rdpc avancée déjà par quelques président de commissions régionales d’examen et d’analyse des candidatures au sein du Rdpc pour les Sénatoriales de 2013 qui voulait que les députés issus des rangs du parti ne puissent pas être investis n’a pas été discriminatoire. Le 13 mars 2013, Paul Biya en personne l’a appliquée même contre Cavaye qui disait au cours du meeting du président pendant la campagne présidentielle de 2011 à Maroua qu’il « versera jusqu’à la dernière goutte de sang » pour le défendre.

D’autres observateurs jettent déjà leur regard vers l’élection prévue ce vendredi du bureau de l’Assemblée nationale où retournera Cavaye. Ils estiment que pour n’avoir pas fait preuve de patience ou n’avoir pas clairement attendu « le geste présidentiel», le Pan peut encore subir les foudres du président de la République. Quels que soient les cas, Cavaye devra s’habituer désormais à occuper la 3e place du protocole d’Etat et non plus la deuxième qui lui tenait visiblement à cœur. Autres leçons, Paul Biya ne compte pas sur Cavaye Yéguié Djibril ni sur aucun autre député en poste pour la transition en cas de vacance de pouvoir à la magistrature suprême. A moins que… le président n’entende nommer quelques uns parmi ces élus du peuple comme sénateur en début mai 2013… Affaire à suivre.

Rodrigue N. TONGUE

Bio-Express

Cavaye Yeguié Djibril est né le 1er janvier 1940 à Mada, arrondissement de Tokombéré, département du Mayo-Sava dans la région de l’Extrême-Nord Cameroun. Il est chef supérieur des Mada-Lamido. Secrétaire d’administration principal (d’après son curriculum vitae diffusé par l’Assemblée nationale) mais instituteur d’éducation physique (selon son entourage) ce commis de l’Etat est membre du Bureau politique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), au pouvoir. A l’Assemblée nationale, il a été élu député le 7 juin 1970 et réélu député chaque fois depuis cette date sauf en 1983. Il intègre le bureau de la chambre pour la première fois le 18 mai 1973 comme questeur. Et devient vice président de cette chambre, le 29 mai 1983. Depuis avril 1992, il est président, sans discontinuer, de l’unique chambre que comptait encore le parlement camerounais. Il compte à son actif, 7 législatures à la représentation nationale. Et n’aura été absent qu’au cours de celle comprise entre 1983 et 1992. Il comptait faire partie du tout premier Sénat de l’histoire du Cameroun. Mieux, en être le tout premier président. Il a été stoppé net - du moins pour le moment - par son «ami » Paul Biya

R. N. T. Source: www.assembleenationale.cm

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