SED: Iya Mohammed interdit de visite

Hier, seuls quelques membres de sa famille et son avocat ont pu entrer en contact avec lui.

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Francis Mveng, troisième Vice-président de la FECAFOOT, réputé proche d'Iya Mohammed, a essayé de le rencontrer hier à deux reprises. En vain. D'abord le matin. Sans succès. Puis, dans l'après-midi, vers 16h, le pharmacien est revenu au SED. Pendant de longues minutes, il a attendu dans un hangar situé non loin du bâtiment qui abrite le service central de recherches judiciaires dans lequel un espace a été aménagé pour Iya Mohammed, au fond de la pièce. Francis Mveng attendait dans l'espoir d'être autorisé à y entrer. Il est rentré sans avoir vu «son» président.

Beaucoup d'autres visiteurs du Directeur Général de la SODECOTON ont connu le même désarroi. Les visites d’Iya Mohammed ont été restreintes. Pourtant, lundi en fin d'après-midi, au premier jour de sa garde en vue, Iya Mohammed a reçu plusieurs personnes dans sa cellule. Trois tranches horaires pour les visites ont même été aménagées. Une première de 8h à 9h, une seconde de 12h à 13h et une troisième de 16h à 17h45. Les gendarmes n'y ont rien à faire. Visiblement une consigne qu'ils respectent, malgré les heures de visites arrêtées. Hier, l'épouse d'Iya Mohammed, venue de Garoua, a passé la journée avec son époux. Elle a fait un détour à l'Hôtel Hilton où elle a réglé, «par ordre», la quittance de la nuitée que son mari a passée dans cet établissement hôtelier, quelques heures avant son interpellation.

Les filles du Président de la FECAFOOT se sont également rendues auprès de leur papa. Leur frère, Habib, quant à lui, assurait quelques courses avec le chauffeur. Entre autres, un poste de radio, deux fiches bipolaires males, et un adaptateur ont été ramenés à Iya Mohammed. Vers 17h, de la nourriture lui a été apportée par deux dames. Mme Iya est venue les chercher, récitant des versets coraniques. Catherine Ndome, cadre à la Délégation Régionale de la SODECOTON pour le Centre, que l'épouse d'Iya appelle affectueusement «mama Cathy» s'est jointe à ces personnes pour se rendre à la cellule d'Iya Mohammed.

Les visiteurs, eux, ne cessent d'arriver. Assis sur la véranda qui donne à sa cellule, Titus Edzoa (il venait de recevoir la visite de son fils), en polo vert, voit passer tout ce monde, dont la plupart rentre avec des mines graves. Déçu de ne pas être arrivé au seuil de la cellule d'Iya Mohammed. Les rares (les membres de la famille en particulier) qui y parviennent à l'issue de nombreuses négociations sont contraints de laisser lunettes, stylos, téléphones portables et feuilles de papier à l'entrée. Toutefois, des habitués du SED, notamment ceux qui y vont très souvent rendre visite à Marafa Hamidou Yaya, et qui ont souhaité rencontrer Iya Mohammed y sont parvenus sans aucun souci.

Dans la journée, Me Mballa Manasse, l'avocat d'Iya Mohammed a eu une séance de travail avec son client. Pendant ce temps, les deux cadres de la SODECOTON, arrivés de Garoua par vol Camair-Co payé par la gendarmerie nationale, étaient entendus dans un autre bâtiment du service central de recherches judiciaires du SED. Une confrontation est prévue ce jour entre ceux-ci et le Directeur Général de la SODECOTON. Ce qui devrait donc clore la phase d'enquête préliminaire.

© Eitel Elessa Mbassi | Le Jour

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