Rapport Conac 2011: Marafa humilie Massi Gams

Prés de trois semaines après la publication du «Rapport sur l'état de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2011», les critiques n'en finissent plus de pleuvoir sur la tête de Massi Gams. Le président de la Conac ne récoltant-là que les conséquences prévisibles de son mauvais travail et de l'esprit partisan de son équipe d'enquêteurs avec petite.

La dernière flétrissure publique est venue de Marafa Hamidou Yaya. L'ancien manitou de l'Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd) a été listé dans le rapport 2011 de la Conac, comme bien d'autres personnalités, pour avoir participé à un complot financier contre l'Etat en acquérant des parcelles de terre dans une zone pressentie d'être déclarée d'utilité publique.

Il s'agit de l'espace retenu pour abriter les installations du Port en eau profonde de Kribi. «L'occasion faisant le larron, nombre de Camerounais pourvus d'un flair affairiste et moralement pas du tout intègres et sans doute informés, à travers des réseaux mafieux, se sont rués dès 2008 sur la zone destinée à être expropriée», dénonce la Conac à la page 170 de son tristement célèbre rapport. C'est en 2009 que l'arrêté déclarant d'utilité publique la zone réservée au port en eau profonde de Kribi a été pris par le ministère des Domaines et des Affaires foncières, donnant ainsi droit à ses propriétaires d'exiger de l'État expropriateur de colossales indemnisations.

Le bat blesse à partir du moment où l'enquête de la Conac pêche par son manque de sérieux. Alors qu'il est accusé d'avoir eu un flair «d'affairiste», Marafa rétorque, dans une lettre parue dans la presse la semaine dernière, que l'acquisition de ses deux parcelles à Kribi remonte pour la première en 1997 et la seconde en 2003. Bien longtemps avant que le projet de construction du port en eau profonde de Kribi ne sorte des cartons et que plus tard (en 2009) n'intervienne l'acte public d'expropriation.

Face aux protestations argumentées de l'ancien Minatd, la Conac a perdu son latin et se terre dans un mutisme aussi assourdissant que honteux. Le trublion Garga Haman. A en croire des confidences puisées à bonne source, l'opposant Garga Haman Adji, subrepticement nommé à la Conac, aurait profité de ce rapport pour régler des comptes à caractère politique.

L'entourage de l'incriminé dément véhément ces accusations. Cependant des sources concordantes font savoir que le «chasseur de baleines» exerce une influence négative sur le président de la Conac, lui-même homme sans caractère se préoccupant plus de ses prébendes que de la qualité du rapport d'enquête produit par ses agents. C'est dans ce foutoir que Garga Haman Adji a le champ libre de commettre des impairs qui, à la longue, déteignent sur la crédibilité de l'institution créée en 2006 par le président de la République, et voulue par celui-ci comme le bras séculier de la lutte contre les pratiques de corruption au Cameroun.

L’on a encore en mémoire l'affaire Messengue Avom, du nom de l'ancien ministre des Travaux publics étrillé dans un rapport d'enquête dont l'auteur (Garga Haman Adji, encore lui!) n'avait pas cru bon de lui accorder ne serait-ce que l'aumône d'une audition-Décidément, le bricolage est une seconde nature chez certains enquêteurs de la Conac. Au moment où le chef de l'Etat envisage l'organisation des séminaires de mise à niveau de ses ministres cancres, il ne serait pas superflu que Massi Gams et sa troupe de James Bond au petit pied bénéficient de séminaires analogues. Il en va de la crédibilité de la Conac.

© Henriette Assen | La Météo

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau