Portrait: Jean Yves Eboumbou, nouveau roi des Bell

En 1897, Ndoumbe Lobe meurt. Lui succède le roi Auguste Manga Ndumbè, 5ème de la dynastie fondée en 1792.Il régna de 1897 à 1908, sous le protectorat allemand. En 1908, suite à la mort de son père, Rudolf Duala Manga Bell né en 1872 est intronisé chef supérieur du clan des Bell qui regroupe les Bonamandone, Bonapriso, Bonadoumbe, Bonadouma. Suivra le règne d’Alexandre Douala Manga Bell.

En 1966, son neveu le prince René Bell lui succède et 46 ans après, voici Jean Yves Eboumbou Manga Bell, le nouveau roi des Bell, que l’on a pu voir dimanche dernier, a l’issue d’une semaine consacré aux obsèques de son père. Illustre inconnu, Jean Yves Eboumbou Manga Bell qui succède à son père vit à ses cotés depuis plus d’une décennie, apprenant l’art de régner dans cette prestigieuse dynastie qui a contribué à façonner l’histoire des Sawa – Duala et celle du Cameroun. Son modèle ? Auguste Manga Ndumbè, le père de Rudolf Manga Bell. 5ème de la dynastie fondée en 1792 il régna de 1897 à 1908 et organisa le commerce entre la cote et les tribus de l’intérieur vers l’occident.

Mais qui est le nouveau roi ?

« C'est mon fils Jean Yves Douala Bell qui me succédera au trône. C'est lui que j'ai choisi et je veux que ma volonté soit respectée par toutes les populations du canton Bell sans exception, pour le bien de tous. Et conformément à nos us et coutumes». Ainsi parla de son vivant le Prince René dont le testament vient d’être respecté. Jean Yves ne gagnerait certainement pas le concours de miss France. Mais dans ce corps rompu à la dure discipline d’ascète, le visage bouffé par une barbe poivre et sel, les yeux noisette de Jean Yves Dieudonné Gaston Eboumbou Manga Bell projette une forte énergie, surtout lorsqu’il parle de naturopathie, une discipline qu’il connait bien et qu’il compte pratiquer un jour, quand les émotions fortes auront cédé la place au calme et à la réflexion propices à l’action. Né le 12 mai 1956 à Paris, ancien élève chez les jésuites de Libermann, il est le 3è garçon du Prince René Douala Bell qui compte 4 enfants : Ndoumbe Alexandre Douala Manga Bell, Victoria Marthe Koko Douala Manga Bell, Marylin Tebedi Douala manga Bell. Ancien joueur de hand-ball et adepte assidu des arts martiaux, Jean Yves ceinture noire du ‘Viet vo dao’ a fait la rencontre de lui-même lors de son séjour scolaire au Cameroun en 1968.

Mêlé aux autres internes du Collège Libermann, il a pu se perfectionner en langue duala grâce aux bons offices du journaliste et patriarche Douala feu André Ngangué et du père catholique le regretté Endene. Il l’avoue lui-même : « j’écris duala mieux que je ne parle. Mais je m’applique à vivre pleinement non seulement ma langue, mais aussi ma culture ». Son père avait-il un plan de vie pour lui ? Il le fait venir au Cameroun deux ans après son intronisation au trône des Bell comme successeur du nationaliste Rudolf Manga Bell et le fais inscrire au collège Libermann. C’est la plongée vers d’autres réalités. Il fait connaissance avec la tradition locale. C’est à ce moment que sa véritable identité s’est forgée aux cotés de son prince de père, nourri à la culture occidentale et initié à la tradition ancestrale.

Cela n’est pas allé tout seul. L’ancien étudiant de l’institut des sciences et des études économiques de Paris, qui a fait l’histoire à l’université-Vincennes paris VIII a vécu son adolescence parisienne comme une réalité et une évidence. Mais il revenait sans cesse à sa source Sawa-duala. Lorsqu’on lui parle de la médecine allopathique, il devient intarissable sur la naturopathie, son violon d’Ingres et sur la pharmacopée traditionnelle africaine, qu’il compte dynamiser pour soulager les maux de ses semblables par les conseils d’hygiène de vie couplé à l’utilisation des plantes médicinales. C’est dans ce cadre qu’il a reçu une formation de 5 ans à l’institut Robert Masson en naturopathie et au centre terre de Lys Digeon en géobiologie. Il pratique l’agriculture biologique, l’écologie, le taôisme, la médecine chinoise, Ayur védique, le yoga et la kinésiologie.

Le Messager

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Date de dernière mise à jour : 18/12/2012