Otages français: Moulin Fournier vient faire ses bagages

En compagnie de sa femme, l'ex-directeur des relations extérieures de Gdf Suez au Cameroun est arrive vendredi dernier.

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C'est à la surprise générale que la plupart des Camerounais ont appris vendredi dernier que Moulin-Fournier était de retour au Cameroun. Il était arrivé la veille dans la soirée à bord d'un vol Air France reliant Paris à9 Yaoundé. Déguisé, arborant une casquette, un T-shirt et des lunettes noires, il a été accueilli par des proches à l'aéroport. Encadré par un cordon de sécurité bien veillant, les Moulin-Fournier ont pris la direction du quartier Bastos où ils ont passé discrètement la nuit dans un hôtel. L'Ambassade de France au Cameroun explique que le retour des Tanguy Moulin-Fournier à Yaoundé n'est pas un retour définitif.

Ils sont venus faire leurs bagages. Bien que le couple français enlevé en février dernier Dabanga, dans l'Extrême Nord, puis libéré en mars, ait émis le vœu de retourner au Cameroun, pays qu'ils affirment «bien aimer et où ils comptent de nombreux amis », leur employeur, le groupe Gdf Suez s'y est opposé fermement. L'entreprise française a d'ailleurs reçu l'appui du Quai d'Orsay. Ils ont promis à leur directeur des relations extérieures au Cameroun de lui trouver un autre poste d'affectation. Peut-être en Europe, souligne-t-on des mêmes sources, mais pas en terre camerounaise qui, d'après le PDG de Gdf Suez, Gérard Mestrallet, «n'est pas prudente» pour lui.

L'Etat du Cameroun quant à lui, n'a émis aucune objection au retour de la famille Moulin-Fournier. Affirmant être disposé garantir leur sécurité. La décision d'interdire au couple français de revenir au Cameroun a été une affaire française. L'important dispositif sécuritaire qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des passagers du vol de Air France à leur descente de l'avion vendredi dernier, atteste de l'attention portée par le Gouvernement du Cameroun à la sécurité du couple français au Cameroun, dont la durée du séjour n'a pas été communiquée.

En rappel, Tanguy Moulin-Fournier, son épouse Albane, et leurs quatre fils âgés de 5 A 12 ans -Eloi, Andéol, Mael et Clareve -étaient arrivés au Cameroun en septembre 2011. Partis pour un safari dans le Nord Cameroun, ils avaient été enlevés le 19 février, à bord de leur véhicule de marque Toyota 4X4, à Dabanga dans la Région de l'Extrême-Nord du Cameroun, frontalière avec le Nigeria. Après plusieurs semaines de captivité, ils avaient été libérés à la mi-mars, au terme d'un long marchandage avec leurs ravisseurs, mais dont les termes des échanges demeurent le secret absolu entre le pouvoir de Yaoundé et probablement les membres de la secte Boko Haram.

© BORIS BERTOLT | source: mutations

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013