Opérations Epervier: Vérités de l’enquête d’Etat sur les comptes bancaires de certains barons

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Dans sa livraison No 518 du 12 février 2013, l’œil du Sahel, hebdomadaire régional d’informations du Nord a publié une liste des comptes bancaires suspects de quelques dignitaires du régime et de leurs comparses. Des chiffres qui donnent du tournis. Parmi la quarantaine de personnalités, certains ont déjà été pris par les serres de l’épervier (Urbain Olanguena Awono (ex ministre de la Santé publique), Abah Abah Polycarpe (ex-ministre de l’Economie et des Finances), Mme Abena Catherine (ex- secrétaire d’Etat au ministère des Enseignements secondaires), Mme Haman Adama née Alimatou Mahondé (ex-ministre de l’Education de base), Jean Marie Atangana Mebara (ex-secrétaire général de la présidence de la République), Jérôme Mendouga (ex-ambassadeur du Cameroun aux Usa), Ntongo Onguene (ex-Dg de l’Autorité aéronautique et Dg des Aéroports du Cameroun), Nguini Effa Jean-Baptiste (ex-Dg de la Scdp)…et Engo Pierre Désiré (ex-Dg de la Cnps et ex-ministre).

D’autres par contre (Mebe Ngo’o Edgar-Alain (ministre délégué chargé de la Défense), Lekene Donfack (ex Ministre, député à l’assemblée), Titti Pierre (ministre délégué en charge du budget), Gervais Mendo Zé (ex Dg de la Crtv et ex ministre), Bapes Bapes Louis (ministre des Enseignements secondaires)…et Laurent Nkodo (ex Dg des Impôts) sont encore en fonction et vaquent à leurs différentes fonctions en toute quiétude. «Les supposés comptes bancaires» de ces hauts commis d’Etat seraient planqués dans des paradis fiscaux qui fleurissent dans les pays developpés (la France, les Etats-Unis, la Suisse, l’Espagne et l’Algérie pour ne citer que ceux-là). Certains de ces comptes ont été audités en 2009 par une commission rogatoire qui avait sillonné les pays suscités, d’autres pas du tout.

A la lecture de cette publication de notre confrère qui présente une liste des comptes bancaires suspects de quelques dignitaires du régime et de leurs comparses, on se rend bien compte que ces personnalités incriminées sont immensément riches. Au demeurant, force est de constater que l’enquête n’a pas livré toutes ses vérités, mieux encore elle est truffée de contre-vérités. Pour illustration, le cas de Zacchaeus Forjindam (ex Dg du Chantier naval) paraît curieux à plus d’un titre. On y voit une dizaine de comptes bancaires qui lui sont attribués.

Pourtant la décision rendue à la Cour d’appel du Littoral n’avait ordonné que la confiscation des ses avoirs placés sur 5 comptes. Qui avaient été répertoriés par une commission rogatoire au détour d’un séjour en Europe et partout ailleurs. Cette inadéquation suscite un questionnement sur l’existence réelle desdits comptes. Car, aussi surprenant que cela puisse paraître, comment comprendre que les dix comptes bancaires attribués ( ?) à l’ex Dg du Chantier naval et industriel du Cameroun aient pu exister sans être répertoriés par la commission rogatoire et saisis par la Cour ?

Qu’on le veuille ou non, à y regarder de près, une question de bon sens pourrait peser sur cette enquête incriminant une quarantaine de hautes personnalités. L’enquête diligentée par le vice-Pm en charge de la Justice d’alors, datée du 29 décembre 2009, non pas qu’elle soit entièrement tronquée, est sujete à questionnements. Car, pourquoi certaines personnalités ont été inquiétées et pas d’autres ? On comprend davantage aujourd’hui pourquoi les instructions des arrestations ont été diligentées à partir de la présidence de la République.

© Blaise-Pascal DASSIE | Le Messager

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