OPÉRATION EPERVIER : MARAFA ACCEPTE DE SE RENDRE À LA PJ

marafa040512300.jpgL’ancien ministre d’Etat est à nouveau convoqué à la Police judiciaire ce jour. Seul motif indiqué : « Pour affaire vous concernant ».

Mardi dernier, 22 octobre, après avoir reçu une première convocation de la Police judiciaire, Marafa Hamidou Yaya a refusé de s’y rendre le lendemain, 23 octobre, où il était attendu. D’après des sources proches de son entourage, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République n’a pas voulu se présenter aux officiers de Police judiciaire sans ses avocats. Une deuxième convocation lui est alors servie mercredi en fin d’après-midi au secrétariat d’Etat de la Défense (Sed) où il est incarcéré. Après une concertation avec ses conseils, notamment Me Patrice Monthe, arrivé expressément de Douala pour la cause et Me Abdoul Bagui, l’ancien ministre d’Etat a consenti à déférer à la convocation des enquêteurs de la Police judiciaire, uniquement en présence de ses deux avocats.

Toutefois, aucun motif d’accusation n’a été indiqué sur les deux convocations remises à Marafa. On peut juste y lire : « Pour affaire vous concernant ». Ainsi, jusqu’ici, l’ex-ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ne connait toujours pas les raisons de ce qui le conduit ce jour à la Pj. Vraisemblablement, ce n’est qu’au sortir de la Pj, après son audition, que l’on pourrait avoir une idée sur ce qui apparait comme pouvant être une nouvelle affaire Marafa. D’ores et déjà et sauf changement de dernière minute, Marafa Hamidou Yaya, contrairement à la dernière fois, est « entièrement disposé » à se rendre dans ces services de la Police criminelle pour répondre à la convocation qui lui a été adressée.

Jean-Baptiste Bokam

Ambiance ordinaire hier, 24 octobre, au Sed. Deux éléments du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpign), fusils à la main, sont en faction à l’entrée principale. Vers 11h, les usagers qui arrivent à cet instant là sont informés que les véhicules ne peuvent pas accéder à l’intérieur du Sed. « S’il vous plaît n’entrez pas avec votre voiture. Seuls les véhicules de service peuvent accéder », explique un gendarme.

Selon des sources au Sed, cette mesure a été prise car Jean-Baptiste Bokam, le patron des lieux, qui faisait le tour des services et il ne fallait pas d’embouteillage à cet instant. Par ailleurs, aucune disposition particulière au service central de recherches judiciaires non loin duquel se trouvent les cellules de Polycarpe Abah Abah, ancien ministre des Finances, Yves Michel Fotso, ancien administrateur directeur général de la Camair et Marafa Hamidou Yaya. Le refus de Marafa de se rendre à la Police judiciaire mercredi dernier ne fait l’objet d’aucun commentaire dans les couloirs du Sed. Seuls quelques journaux qui en ont fait écho sont visibles entre les mains des fonctionnaires du Sed.

Condamné en septembre 2012 à 25 ans de prison par le Tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi, Marafa Hamidou Yaya s’est pourvu en cassation. Actuellement, son dossier d’accusation concernant le détournement de 24 milliards FCfa dans l’affaire de l’avion présidentiel est devant la section criminelle de la Cour suprême. La convocation de Marafa à la Pj intervient au moment où la haute juridiction s’apprête à rendre son verdict. Quelque temps avant, dans un rapport sur les droits de l’Homme au Cameroun, l’ambassade des Etats-Unis indiquait pour la même affaire de l’avion présidentiel que Mafara est un « prisonnier politique ».

© Le Jour : Eitel Elessa Mbassi et Prince Nguimbous

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