Opération Epervier: L'affaire Urbain Olanguena Awono renvoyée au 5 Février 2013

L'audience d'hier a été très brève. Arrivé au Tribunal criminel spécial le matin dans le cadre de l'affaire qui l'oppose à l'Etat du Cameroun, Urbain Olanguena Awono est reparti aussitôt. L'affaire reprend le 5 février prochain avec la production de la liste des témoins de la défense suivie de l'audition des témoins de l'accusation.

La procédure qui est aujourd'hui en cours contre Urbain Olanguena Awono; porte sur les trois chefs d'inculpation écartés par la Cour suprême au cours d'une audience publique courant mars 2012, réduisant prés dé 320 millions sur les fonds imputés à l'ex ministre de la Santé publique, Pour la famille de l'accusé, ce fut l'euphorie.

Les plus optimistes voyaient des signes d'une éventuelle libération. Car les trois charges invalidées, Olanguena devrait retourner devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi «nouvellement constitué». Ici, le mis en cause devrait s'expliquer sur un marché de fourniture de moustiquaires imprégnées. Le marché avait été passé conformément aux règles régissant les marchés publics au Cameroun. L'entreprise, Vision Sarl d'Yves Nsoe Bella, gagne le marché mais ne fournit pas les moustiquaires.

Sentant son arrestation pour marché payé mais non exécuté, Nsoe Bella prend la poudre d’escampette. La deuxième charge qui attendait Olanguena en instance portait sur l'édition de son livre intitulé «Le Sida en terre d’Afrique». Selon l'accusation, l'ex ministre de la Santé publique a utilisé les fonds de l'Etat pour éditer cette œuvre personnelle. Pendant des jours, les avocats d'Olanguena se sont évertués à démontrer le contraire de ce qui affirmait le représentant du Ministère public.

L’affaire a été mise en délibéré pour le 15 novembre 2012. Seulement, ce jour, les procureurs ne se sont pas présentés dans la salle d'audience. La collégialité a attendu jusque tard dans la nuit. En vain. Le lendemain, les représentants du Ministère public, une fois de plus, ont brillé par leur absence. Or, le 17 novembre, conformément à la loi toutes les affaires portant sur un montant supérieur ou égal à 50 millions de FCFA devraient être transférées au Tribunal criminel spécial (TCS).

Maîtres Antoine Marcel Mong, Claude Assamba, etc., avocats d'Olanguena, ont donné un point de presse à Yaoundé pour décrier le «déni de justice» dont venait d'être victime leur client. Rien n'y a fait, puisque ce dernier a été mis à la disposition du Tribunal criminel spécial. Entre temps, le procureur général près le TCS avait déjà engagé des poursuites contre l'accusé encore en jugement en instance.

C'est ce qui justifie le mandant de dépôt à lui décerné le 4 juillet 2012 pour détournement de deniers publics et tentative de détournement de deniers publics. Urbain Olanguena Awono séjourne à la prison centrale de Yaoundé Kondengui depuis 2008.

© Olivier A. Ndenkop | L'Actu

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