Opération Epervier: Comment Amadou Ali a failli étrangler Biya et ses proches

L’ancien patron de l’Opération Epervier a planifié l’arrestation de certaines personnalités de la République pour fragiliser le régime en place.

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Lancée en 2004 à l'initiative du Premier Ministre de l'époque, Ephraïm lnoni, sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, l'Opération Epervier destinée à la lutte anti-corruption au Cameroun a déjà conduit une flopée de hauts cadres de la nation au bagne. A coup d'enquêtes et de rapports, les motifs d'interpellation n'ont pas manqué pour mettre le grappin sur des gestionnaires indélicats. Malversations financières est le terme qui a justifié l'embastillement de bon nombre de nos compatriotes à la faveur de l'Opération Mains Propres. C'est Mounchipou Seidou qui a été le premier à tomber dans la nasse pour détournement de fonds publics. La prise la plus spectaculaire s'est produite en 2008, lorsque Polycarpe Abah Abah et Urbain Olanguena Awono ont été mis aux arrêts. L'ancien Ministre des Finances et l'ex-Ministre de la Santé, présentés comme étant des proches de Paul Biya, séjournent actuellement à la Prison Centrale de Kondengui.

Critiques

Beaucoup d'observateurs ont émis des réserves sur la façon dont l'Opération Epervier a été conduite par Amadou Ali. Un livre collectif a d'ailleurs été publié à ce sujet sous la coordination de Charly Gabriel Mbock. L'ancien CONSUPE aurait-il un temps soit peu utilisé l'Opération Epervier pour régler les comptes? Les mises en accusation, les arrestations, les audiences et les verdicts ont souvent suscité des interrogations parmi les couches sociales camerounaises. Pour certains, le concept cité plus haut a longtemps été une opération à tête chercheuse. Une arme qu'on a même failli retourner contre la plus haute autorité de l'Etat. Une enquête minutieusement menée nous a permis de comprendre qu'à travers l'Opération Epervier, Ali a voulu indirectement déstabiliser l'appareil de l'Etat. Sachant que le Chef de l'Etat avait placé en lui une confiance aveugle, l'ex-Ministre de la Justice, à l'insu de tout le monde, a planifié un déluge d'arrestations.

Risques d'instabilité

Ces arrestations si elles avaient eu lieu auraient mis le système sens dessus dessous. Le natif de Kolofata a lorgné dans les entreprises, les ministères et les projets. Au Crédit Foncier du Cameroun sous André Booto à Ngon, des détournements et des coactions de détournements ont été signalés. A la Communauté Urbaine de Douala, les 7 milliards d'emprunts obligataires de la Bourse de Douala par Edouard Etonde Ekotto ont attiré l'attention du Contrôle Supérieur de l'Etat (CONSUPE). Un regard a été porté sur la liquidation de l'ONPC, la disparition de 2.000.000.000 FCFA à l'Hôpital Central de Yaoundé, les malversations financières à la SEMRY et la complicité de détournements de 19.906.000.000 FCFA des fonds rétrocédés à la CAMTEL.

La SNH a fait l'objet d'une attention particulière à cause de la surfacturation de l'achat de la barge hôtel « Rio del Rey», estimé à 16.000.000.000 FCFA. Il faut aussi prendre en compte la coaction de détournement dans l’affaire Albatros, pesant sur Jérôme Mendouga, la gestion de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale sous l'ère Motaze. On y a découvert un déficit de 3.000.000.000 FCFA. Le Port Autonome de Douala sous Dayas Mounoumé a été ciblé à cause du paiement fictif de 6.000.000.000 à la SFIC, les marchés fictifs et surfacturés. Au Ministère de l'Economie et des Finances, l'enrichissement illicite, les évacuations sanitaires illicites, la gestion du Fonds Routier, de la CAA et la TPG de Yaoundé ont valu des explications à Lamère Daniel Njouonkouo et Pierre Titi.

Le détournement du budget du MINCOM pour la visite du pape 130.000.000 FCFA, des fonds de la route Ayos-Bonis, de l'enveloppe consacrée à l'arrimage au satellite, de 1.200.000.000 FCFA à la CRTV et la gestion des fonds PPTE ont été amplement examinés. Signalons également la coaction de détournement au MINEDUB 6.000.000.000 FCFA en dix ans, les massacres de Bakassi, l'achat de l'immeuble AMACAM 900.000.000, les marchés fictifs pour le compte des lobbies et nébuleuses, la surfacturation de l'achat des bottes chinoises 1.000.000.000 FCFA, la privatisation de la CAMSHIP, la fraude fiscale et le blanchiment d'argent auraient pu valoir des ennuis à Paul Fokam Kanmogné, René Mbayen, Rémy Ze Meka et Ali Bachir. D'autres dossiers ont été mis sur la table comme la gestion de la CRTV par Amadou Vamoulké, la falsification des documents par Fritz Ntone Ntone, la gestion de la redevance audiovisuelle par Jean Marie Akono Ze, les tripatouillages TVA par Laurent Nkodo, le non bitumage de la route Nanga Eboko (5.000.000.000 FCFA) et la coaction de détournements dans l'affaire du Rio del Rey impliquant Laurent Esso.

A-Etude de cas

1-André Mama Fouda

2-Jean Pierre Biyiti Bi Essam

3-Jacques Fame Ndongo

4-Gervais Mendo Ze

5-René Mbayen

6-Laurent Esso

7-Paul Fokam Kanmogné

8-Amadou Vamoulké

9-Fritz Ntone Ntone

10-Louis Claude Nyassa

11-Antoine Bikoro Alo'o

12-Jean Marcel Dayas Mounoumé

13-Adolphe Moudiki

B-Interpellations en vue

1-Louis Bapès Bapès

2-Clobert Tchatat

3-Rémy Ze Meka

4-Iya Mohammed

5-Ahmadou Evélé

6-Laurent Nkodo

7-Akunchi Awa Peter

8-Titi Pierre

9-Lamère Daniel Njouonkouo

C-Levée d'immunité parlementaire

1-Ali Bachir

2-Etienne Lékéné Donfack

3-Dieudonné Ambassa Zang

4-Jean Bernard Ndongo Essomba

5-Rose Abunaw Makia

6-Jacob Fossi

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