Opération épervier: Abah Abah attend toujours la réaction d'Amadou Ali

 

Il y a un peu plus d'un an, le 9 septembre 2011 plus précisément, Polycarpe Abah Abah mettait en demeure Amadou Ali, alors vice-Premier ministre, ministre de la justice, Garde des sceaux, de rendre publics «les documents bancaires prouvant que des comptes bancaires à milliards de francs CFA (lui) appartenant existent ou ont jamais existé; les comptes et/ou caisses de l'État à partir desquels (il) aurait effectué des décaissements non justifiés de fonds publics à [son] profit».

Faute de quoi, l'ancien ministre de l'Economie et des finances (Minéfi), en détention à la prison secondaire de Yaoundé, sis dans les locaux du Secrétariat d'Etat à la défense (Sed), disait devoir «donner une suite judiciaire à toutes vos dénonciations calomnieuses et outres diffamations, dans un avenir proche, devant les juridictions nationales ou d'ailleurs».

Quinze mois après, aucune plainte n'a été déposée dans ce sens dans les juridictions nationales. Ailleurs, aux Etats-Unis notamment où l'ex Minefi disait devoir donner une suite judiciaire à cette affaire, l'on est pas plus renseigné. Néanmoins; le concerné explique qu'une telle procédure «demande une forte mobilisation d'argent que je n'ai pas. Mes avocats à Washington m'ont assuré que pareille plainte pouvait prospérer. Mais, ils me demandent une provision de 15 000 dollars. (7 500 000 FCFA) avant d'entamer la procédure. Je leur ai dit que Je ne l'ai pas. C'est l'argent qu'Amadou Ali avait dit que je possédais dans des comptes. Je lui avais d'ailleurs fait une lettre ouverte restée sans suite.

J'attends toujours qu'il me réponde». Polycarpe Abah Abah est constant dans le fait que c'est sur la base des «fausses informations» communiquées par l'ex-Garde des sceaux à l'ancien ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Niels Marquatd, et rapportées par la suite au chef de l'Etat que plusieurs personnalités (notamment des anciens membres du gouvernement dont lui) ont été arrêtées «sans enquête préalable». Il en veut pour preuve des câbles diplomatiques rendus public par le site internet américain Wikileaks.org.

Dans une correspondance adressée par Janet Garvey au Département d'Etat américain (ministère des Affaires étrangères) à Washington, le successeur de Niels Marquadt laissait savoir qu'au cours d'une réunion tenue le 17 décembre 2008 et à laquelle prenait part plusieurs chefs de missions diplomatiques étrangères accrédités au Cameroun, Amadou Ali a affirmé que «M. Dooh Collins a aidé le gouvernement de la République du Cameroun d’identifier et localiser un compte bancaire appartenant à Polycarpe Abah Abah dans les livres de la Swiss UBS Bank au Luxembourg, affichant un solde créditeur à son profit de francs suisses 1.200.000». Les autres affirmations d'Amadou Ali, toujours selon les câbles des diplomates américains, attribuaient des «comptes à centaines de milliards» à l'étranger à l'ex-Minéfi «alimentés par des détournements effectués dans les caisses de l'Etat».

En attendant que lumière soit faite sur ces affaires pendantes en justice, et que Amadou Ali daigne répondre, un jour peut-être, à Polycarpe Abah Abah, l'ex argentier entame en mars 2013, sa sixième année de détention. Abah Abah est accusé du détournement de la somme de 4,9 milliards F CFA au détriment du Crédit foncier d'une part, et du détournement de la somme d'un milliard de F CFA en coaction avec Lydienne Eyoum d'autre part.

© Bertille Missi Bikoun | L'Actu

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