OBSÈQUES DE CHARLES ATEBA EYENE : BAL DE VAUTOURS AUTOUR DE LA DÉPOUILLE

1 1349103031 charlesateba eyene 5Des personnages insoupçonnables ont surgi de nulle part pour se mettre au-devant de la scène avec dans le viseur, les fonds alloués pour l'organisation.

Si les temps sont au Cameroun portés ces derniers mois sur la nécrologie, la disparition de Charles Ateba Eyene a eu le mérite de faire éclore une race de personnages que l'on a tôt fait de baptiser non sans méchanceté aucune les "nouveaux vautours". Tout le monde sait ce que c'est qu'un vautour. Une bête immonde, vivant de la mort des autres. Il apparaît lorsque la vie s'en est partiellement ou entièrement allée. Ils guettent les derniers râles d'agonie et élaborent sur la base de ces corps voues à la putréfaction le menu de leur festin.

Le vautour n'a donc pas son pareil pour retenir le moindre indice d'une vie qui se prépare à s'effacer. Il n'a pas de cœur et surtout pas de gout. Sinon comment ferrait-il pour vivre de la chair des autres, y compris de celle de ses semblables ? Nous parlons de ces vautours qui ont envahi la scène camerounaise ces temps derniers, pour indexer ces opportunistes d'un autre genre qui, au mépris du chagrin, de la douleur des familles et de l'entourage du disparu, engagent aussitôt les hostilités.

Déterminés à en découdre avec tous ceux qui, de près ou de loin, auraient contribué selon eux, à l'infortune de celui qui n'est plus. L'astuce consiste à investir les espaces médiatiques, pour distiller la haine et gloser sur un testament à coup sur imaginaire. Signifiant leur affliction à travers des larmes de crocodile. Bien évidemment, ils ont le beau rôle puisque le mort n'est plus là pour leur opposer le moindre démenti. De révélations en révélations, ils tissent la toile de leurs accusations. Ouvrant au sein des familles, des fronts de discorde souvent incommensurables. Des méthodes pouvant plaider en leur faveur.

Pour eux, point de mort naturelle, ils flairent le meurtre, le complot ou l'assassinat. Ils savent aussi qui le défunt aurait voulu ne pas voir prendre part à ses obsèques, pour telle ou telle autre raison. Voilà en quoi se sont livrés ces derniers jours, ceux qui se sont autoproclamés «très proches d'Ateba Eyene». Un jour pourtant, un jour tout s'arrête.

Parce qu'un vrai vautour ne se satisfait jamais d'un seul cadavre, il s'en va chercher ailleurs de nouveaux fronts de désespoir et alors ceux qui avaient cru tenir un allié s'aperçoivent qu'il s'agissait en réalité d'un pur escroc avide de se donner en spectacle au dépend de ceux qui viennent de perdre un frère, un être cher. Telle est la race de tous les vautours de la terre. Insensibles, impitoyables et en fin de compte méprisés et détestés par tous. Heureusement que pour le cas d'espèce, malgré l'immense douleur, la famille de Charles a su maintenir le cap.

Un compte ouvert dans une banque de la place permet à tous ceux qui voudraient apporter quelque aide d'y déposer des fonds. Une astuce qui a ralenti les ardeurs de ces vautours. Convaincus de leur défaite, ils s'envolent désormais vers de nouvelles destinations. La famille de Catherine Abena, partie elle aussi en milieu de semaine dernière, serait selon des informations, la nouvelle escale de ces damnés.

© L'Anecdote : JEAN BEKOLO

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