Nomination des sénateurs: Paul BIYA fait un clin d’œil à l’opposition, tire la révérence aux chefs traditionnels, pense aux anciens ministres

Voila résumées en trois phases les curiosités de cette nomination

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D’abord, Paul BIYA a choisi de ramener en scène les anciens ministres qui, pour certains, ne demandaient qu' à avoir une retraite paisible. C’est le cas de Ze Nguelé Réné, ancien ministre de l’éduction nationale, ancien ministre de la fonction publique et de la reforme administrative, qui avait jeté un pavé dans la mare, en challengeant Paul Biya au dernier congrès du RDPC. Peter Mafany Mousonge, jusqu’ici grand chancelier des ordres nationaux et ancien premier ministre chef du gouvernement, profite également de ce décret présidentiel qui le nomme sénateur titulaire dans le Sud-ouest.

Tout comme Niat Njifenji Marcel, qui a été, on s’en souvient, vice-premier ministre, après plusieurs années passées à la tête de la Sonel. Baba Hamadou, Nkodo Laurent, Etame Massoma David Siegfried, Jean baptiste Baskouda, Aleokol Jean- Marie, ou encore Nkwain Francis rallongent cette liste. Ensuite, la deuxième curiosité est le clin d’œil adressé à l’opposition, mieux, à une certaine opposition. Pour cela, le président de la république a puisé dans l’UNDP et le MDR notamment. La nomination de Pierre Flambeau Ngayap, secrétaire général de l’UNDP, peut être perçue comme la recherche d’une accalmie politique, après les éclats de voix entendus dans l’Adamaoua où l’allié RDPC ne l'avait pas soutenu, le 14 avril dernier, contre le Social Démocratic Front. Il y a également Dakollé Daïssalla, président national du MDR.

Il avait présenté dans l’Extrême-Nord une liste des candidats aux sénatoriales. Liste que ELECAM n’avait pas retenue. Le président de la république le réhabilite, lui qui avait sauvé le RDPC de Paul Biya, on s’en souvient en 1992, alors que l’opposition venait d’envahir l’Assemblée Nationale, au terme des élections municipales et législatives. Enfin, l’une des dernières curiosités de ce texte présidentiel concerne la révérence que Paul Biya fait à l’autorité traditionnelle.

Sur les 60 nommés par le président de la république, il y a le nom du sultan roi des Bamouns. Mbombo Njoya Ibrahim, membre du bureau politique du RDPC, est sénateur titulaire à l’Ouest. Dans cette liste des chefs traditionnels sur qui le président de la république a jeté son dévolu, figure sa majesté Ndjomo Kamga Victor, roi des Badjoun dans l’Ouest du Pays, sa majesté Madiba Songue chef Bakoko dans le littoral, Fon Ndo de Bali dans le nord-ouest, ou encore Fon Mukete ou Chief Anja Simon Onjwo entre autres. Pour finir, sur les 30 sénateurs, seules trois femmes figurent sur la liste. Environ 10%, donc très loin des 30% exigés par les organisations féministes. © Armand Djaleu | Cameroon-Info.Net

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