Médias - Paul Biya-Jeune Afrique: La Crise?

L'hebdomadaire panafricain n'a pas été tendre ces dernières semaines avec le régime de Yaoundé. A la Une du n°2753 de Jeune Afrique, deux photos. L’une d'un Paul Biya dont le visage porte les marques de l'âge, l'autre d'un Amadou Ahidjo fringant, au faîte de sa splendeur.

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Entre les deux premiers présidents du Cameroun, une marque de déchirure et en dessous un titre: «Cameroun: les fantômes du palais».Dans ce numéro de la semaine allant du 13 au 19 octobre, il est question du rapatriement toujours attendu de la dépouille du Président Ahmadou Ahidjo, mort en exil au Sénégal en 1989. Un sujet dont on peut dire qu'il fâche dans l'entourage de Paul Biya. «Au regard de l'histoire du Cameroun et de la trace qu'il entend y laisser, il serait incompréhensible que Paul Biya ne fasse pas tout, avant de quitter lui-même le pouvoir, pour organiser les funérailles nationales de celui qui fut son mentor et son pygmalion. Savoir jeter la rancune à la rivière, n'est-il pas le propre des vrais chefs?», Écrit François Soudan dans son commentaire intitulé «Outrage post-mortem».

Ce commentaire arrive peu de temps après un autre, toujours sur le Cameroun, et également sur un sujet qui fâche dans l'entourage de Paul Biya: l'affaire Marafa. C'était d'ailleurs le titre de l'éditorial du directeur de la rédaction de Jeune Afrique dans le n°2751 du 29 septembre au 5 octobre 2013. François Soudan y qualifie la condamnation de Marafa Hamidou Yaya d'aberration judiciaire. «L'un des cas les Plus flagrants, relevé par tous les observateurs et toutes les chancelleries, où l'opération Epervier, cette forme de justice extrême proche de l'extrême injustice, a pu donner corps aux soupçons d'instrumentalisation politique», poursuit l'éditorialiste.

Deux numéros plus tôt (J.A. n°2749 du 15 au 21 septembre 2013), le Cameroun avait déjà eu les honneurs de la Une. Et pas dans son meilleur visage. «Malaise dans les rangs», titrait l'hebdomadaire qui consacrait un dossier aux problèmes de l'armée camerounaise. Celui-ci n'a pas été particulièrement apprécié du côté du pouvoir. En s'appuyant sur ces quelques exemples, il y a de quoi être intrigue par cet intérêt de J.A. pour ce qui se passe au Cameroun. Pas que l'hebdomadaire n'a pas souvent ouvert ses colonnes au pays de Paul Biya, mais sa posture actuelle semble trancher avec celle d'il y a peu de temps encore.

© Jules Romuald Nkonlak | Le Jour

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