MÉDIAS: 2013 ou la fin de la presse écrite?

Décidément, on aura tout vu au cours de cette année qui s'achève. Si elle a été prolifique pour un petit nombre de Camerounais, elle ne l'aura surtout été pour d'autres. Par exemple, dans le secteur de la presse écrite, plusieurs journaux qui jusque là faisaient les beaux temps risquent disparaître des kiosques. Avec eux, leur directeur de publication. La cause de ces difficultés est due, comme on peut l'imager, au manque de moyens financiers. Tenez par exemple! Pour imprimer un journal, format tabloïd, il faut disposer au minimum, d'une bagatelle somme de 400 000 FCFA.

A ceci s'ajoutent les charges fixes telles que les frais de bail, l'électricité, l'eau, internet, les salaires du personnel qu'il faut régler chaque fin de mois. Et puis, il y a les impôts pour les groupes de presse en règle... lourds, lourds et très lourds. Quand on sait que la fameuse aide à la communication dans notre pays pour l'heure ne s'élève qu’à 150 millions de FCFA pour plus de médias éligibles. Une injure et une honte pour le journalisme, estimé comme le plus beau métier du monde.

En effet, sous d'autres cieux, le gouvernement soutient la presse. Au Gabon, le président Omar Bongo Ondimba a depuis son accession à la magistrature suprême, augmenté l'aide à la presse écrite. Il l'a plafonné à près d'un milliards de FCFA, pour une vingtaine de périodiques paraissant quelques fois. En France, l'aide à la presse pour cette année 2012 est de 500 millions d'euros soit 327 milliards de FCFA environ! Ne parlons pas du Tchad, de la Guinée équatoriale, du Benin, du Togo, du Maroc... Espérons qu'avec ces exemples sensibles, cette aide, non à la presse mais, à la communication augmentera dans les prochaines années, surtout avec les résolutions arrêtées aux lendemains de la tenue des états généraux de la communication.

Si 2012 s'en va avec son lot de problèmes, 2013 qui arrive dans quelques jours ne sera pas un enfant de chœur en service devant l'assemblée de Dieu. Elle sera aussi, ne nous leurrons pas, beaucoup plus difficile. Les journaux qui ne sont pas dans les réseaux, ni soutenus par une âme sensible ou par une société de la place à travers des publicités, verront leurs titres cédés ou tout simplement quitteront (à tout jamais?) les kiosques. Et puis, ce sera pour le personnel, un bonjour au chômage, avec la pléthore des charges qui ne sont pas du tout faciles à gérer.

© Edouard Ngameni | La Météo

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