MARCHÉ MOKOLO : LES COMMERÇANTS VEULENT BRAVER L’INTERDICTION

Ils comptent poursuivre leurs activités malgré la mesure préfectorale de fermeture de ce lieu commercial de Yaoundé. Ce mardi 19 juin au marché Mokolo à Yaoundé, quelques heures avant l’entrée en vigueur de la décision préfectorale portant fermeture temporaire de ce lieu commercial du 20 au 27 juin prochain, tout semble être rentré dans l’ordre, après les affrontements de samedi dernier entre forces de l’ordre et commerçants ayant provoqué la mort d’une personne. Ce mardi matin, les commerçants vaquent à leurs occupations habituelles.

Des vendeurs ont à nouveau investi le trottoir et la chaussée. Ceci s’explique sûrement par l’absence des forces de maintien de l’ordre qui sillonnaient les allées et couloirs du marché, depuis les troubles de samedi dernier. Mais dans les rangs, la colère gronde, après le communiqué du préfet du Mfoundi Jean-Claude Tsila annonçant la fermeture temporaire du marché pendant une semaine, afin «de permettre de conduire durant cette période, une concertation sereine avec tous les exploitants du marché Mokolo dans le but de déboucher sur une plateforme de collaboration permettant de concilier l’exercice de la liberté de commerce dans le bon ordre et les exigences du maintien de l’ordre», indique le document préfectoral. «La journée de mercredi étant habituellement consacrée au nettoyage du marché, nous reviendrons donc tout simplement jeudi matin écouler nos produits comme à l’accoutumée» déclarait hier un commerçant rencontré au marché Mokolo.

Un sentiment partagé par plusieurs de ses collègues. Cependant, ceux-ci tiennent à préciser qu’ils ne souhaitent pas engager un bras de fer avec les autorités publiques. «Nous ne sommes pas contre la fermeture du marché, mais il faudrait que le préfet sache que nous avons d’énormes charges, des enfants à nourrir, et un loyer à payer. Nous demander de rester huit jours à la maison, c’est presque souhaiter notre mort», se plaignent-ils. «Comme je ne suis pas prêt à voir mourir ma famille de faim, je ne pourrais pas rester à la maison», argue un autre commerçant, en guise de défi. «Que vont devenir mes enfants durant cette période morte?», s’écrie un fripier. Des propos censés émouvoir la clientèle. Mais ses élans sont vite masqués par ceux très bruyants des autres commerçants encombrant comme lui, la chaussée.

Nombreux sont donc les commerçants qui se disent prêts à braver l’interdiction, d’autres, affirment qu’ils se soumettront à la mesure préfectorale, même si cette fermeture temporaire leur causera d’énormes pertes économiques. Plusieurs d’entre eux assurent qu’ils se transformeront en vendeur ambulant ou chercheront à trouver une place dans l’un des marchés de la capitale. «Dans son communiqué, le préfet nous demande de garder le calme et de formuler à l’attention du comité placé sous sa responsabilité nos observations. Mais pourquoi ne nous a-t-il pas consultés avant de décider de la fermeture du marché ? Il ne faudrait pas que le gouvernement se moque sans cesse de nous» s’insurge Yimga Moussa le président de l’Association nationale des opérateurs du secteur informel pour la lutte contre la pauvreté au Cameroun (Anoslip). © Mutations : Mélanie Ambombo

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau