Manœuvres – Blocage des projets structurants: Retard préjudiciable sur la construction de l’autoroute Douala-Yaoundé

Les réserves émises sur les travaux de construction de l’autoroute devant rallier Douala-Yaoundé et Bafoussam, par l’Union Européenne semblent la cause des lenteurs observées dans sa mise en œuvre.

Et même si par ailleurs l’argument de l’Union Européenne s’articule autour du peu de compétitivité de l’offre chinoise par rapport au coût marginal du km, le retard pris dans la mise en œuvre de cet important ouvrage risque d’être préjudiciable à plus d’un titre. Que le veuille ou non, l’attribution du marché de construction de l’autoroute Douala-Yaoundé a été attribué à une entreprise chinoise en raison de ce que les financements y afférents émanent de ce pays, devenu par la force des choses le plus important financier de l’heure, eu égard à ses importantes réserves financières. Et quand bien même ce statut explique son offensive actuelle, il reste néanmoins constant que certaines de ses options opérationnelles pêchent quelque peu par la fiabilité réduite de ses réalisations.

Et comme pour le confirmer, l’achoppement actuel des négociations entre la partie chinoise et les officiels camerounais impliqués dans ledit projet, vient remettre au goût du jour, les critères premiers d’attribution de tels marchés. Ce d’autant plus qu’au-delà des facilités financières allouées, la Chine ou du moins l’entreprise devant réaliser ladite autoroute, ne semble pas toujours tenir compte des surcoûts inhérents au tracé qu’il voudrait imposer au gouvernement camerounais. Un tracé qui de l’avis même de certains experts ne garantit pas toujours la fonctionnalité à tous points de vue attendue de cet ouvrage. Certes, il consacrera une réduction substantielle du trajet de près de 31 km par rapport aux 246 km actuels, mais les retards de mise en œuvre pourraient diluer cet avantage comparatif pour engendrer des surcoûts préjudiciables inhérents, même si pour l’heure l’offre chinoise reste la plus réaliste, aux dires des experts du Ministère des travaux publics.

Mettant côte à côte les appréhensions des uns et les certitudes des autres, l’autoroute Douala-Yaoundé est au centre des enjeux très éloignés de leur portée réelle. En effet, autant pour les experts du Ministère des travaux publics l’offre chinoise se veut la meilleure, autant les réserves qu’ils ont émises quant à son tracé devraient être impérativement intégrées pour la mise en œuvre réussie de cet important ouvrage. Du coup, la réticence de la présidence de la République à donner son ok pour le démarrage alors prévu pour le dernier trimestre de l’année en cours, renvoie plutôt ledit démarrage pour l’année prochaine.

Et comme en matière de matériaux des travaux publics la fluctuation des prix des intrants est une récurrence, nul doute que les retards pris entraîneront un renchérissement de coût de réalisation et partant, éroderont la compétitivité y attachée jusqu’ici. Et comme si cela ne suffisait pas, l’entêtement de la partie chinoise à s’en tenir à ses options opérationnelles a rapidement constitué pour l’Union Européenne. Surtout qu’elle était également intéressée par le marché y afférent, une raison supplémentaire pour décrier aussi bien l’expertise chinoise en la matière que le lobbying malveillant qui participa à son choix par les autorités camerounaises.

Et prenant du recul par rapport à ces récriminations, on pourrait s’interroger sur la pertinence des atermoiements du gouvernement qui, littéralement otage des financements chinois, n’arrive pas à faire prévaloir ses options opérationnelles sur ledit ouvrage. Et fort de ce qui précède, on en est à se demander si le financement induit obligatoirement dans le cas d’espèce l’attribution du marché à quelque entreprise de même nationalité que le principal bailleur de fonds. Si cela était, alors on pourrait se poser une autre question tenant de la signification de la promptitude de la Chine à travers Exim Bank of China à s’impliquer dans la mise en œuvre de la majorité des chantiers relevant des Grandes Réalisations.

Atermoiements coupables

Peut-être ou aura-t-elle (La Chine s’entend) simplement mis à profit les atermoiements du gouvernement pour s’imposer à celui-ci et partant pour faire prospérer ses options de mise en œuvre dudit ouvrage. Mais dans tous les cas on pourra toujours se consoler de ce que, la partie chinoise est astreinte à réserver pour ce faire, 60% des effectifs requis et pas moins de 30% aux sous-traitants nationaux. Des précautions qui devraient inéluctablement tempérer les ardeurs chinoises et imposer aux parties la recherche rapide d’un compromis pour accélérer la mise en œuvre de cet important ouvrage. Mais en attendant l’heure est à l’expectative quant au démarrage des travaux. Des travaux qui en principe s’étaleront sur quatre ans et qui, ne devraient pas empiéter sur l’usage continuel de l’axe lourd, tant il est vrai que les différents tracés ne s’y confondent guère et devraient plutôt réduire les coûts annexes, notamment ceux des indispensables indemnisations des riverains qui seront expropriés.

© Muna Dimbambe | Aurore Plus

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